Voile - Vendée Globe - Les concurrents du Vendée Globe à la poursuite d'Alex Thomson

L'Equipe.fr
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Le Britannique Alex Thomson s'est bel et bien échappé sur le Vendée Globe. Les Français Thomas Ruyant et Charlie Dalin charbonnent pour ne pas se laisser distancer. Il y a celui pour qui c'est fini, mât tombé au chant du vent (Nicolas Troussel) ; il y a celui qui va repartir mardi pour une résilience volontaire en soixante-dix jours ou moins (Jérémie Beyou) ; il y a celui qui recoud sa grand'voile pour essayer de ne pas abandonner (Kojiro Shiraishi) ; il y a tous ceux qui se remettent d'avaries non définitives qui montent dans les mâts ou pansent des brûlures au thé trop chaud ; et il y a ceux de devant qui enfin foncent tout schuss. Comme souvent en voile c'est parti par devant. Alex Thomson (Hugo-Boss), qui avait osé jouer le plus près avec le centre de la tempête Theta, où il a aperçu des vagues de 6m et des rafales à 60 noeuds, exploite l'avantage et ouvre le sillage avec une grosse centaine de milles en stock, en tee-shirt, bien au chaud dans son habitacle, regards sur les paramètres, attaché dans « son siège de bureau. » Benjamin Dutreux « Je ne vais pas bourriner, je n'irai jamais aussi vite qu'eux » On avait connu l'Anglais plus impatient. Sa course semble un modèle : « Je suis bluffé par la capacité de nos bateaux à aller si vite avec si peu de vent » narre-t-il. Ces bateaux-là créent du vent. Hugo-Boss file à vingt noeuds, avec nettement moins que ça sur le plan d'eau. Derrière, sur une route légèrement plus est, Jean Le Cam résiste, toujours officiellement deuxième au pointage de 15h00, car la mer n'est pas encore assez plate pour permettre à ses adversaires foilers d'exploiter au max leur capacité de soulagement de l'étrave. Mais il va vite se faire enrhumer, par ceux qui étaient les outsiders première catégorie, Thomas Ruyant et Charlie Dalin. Comme dit Benjamin Dutreux, l'autre intrus, encore sixième : « Je ne vais pas bourriner, je n'irai jamais aussi vite qu'eux (les grands moustachus, ndlr). » lire aussi Dutreux, l'invité inattendu Alex Thomson a compté jusqu'à 139 milles d'avance sur Ruyant, il en a perdu quelques pourcents au gré du vent, ou des risques acceptés. Michel Desjoyeaux, l'unique double vainqueur, a raison, comme souvent, voire plus : « On nous avait vendu un truc extraordinaire, pour l'instant c'est pas ça, je suis un peu surpris. » Dalin trop « conservateur » ? Il emploie un verbe : « Esquiver. » Les trois foilers de devant ont probablement misé, surtout les deux Français, sur une préservation maximale de l'outil de travail. L'autre nuit, au cours d'un quasi entre-soi surprise sur Instagram, grâce à la bénédiction de la 4G au large d'un caillou portugais, le bizuth perché Dalin se félicitait d'avoir un matos intact, mais se demandait s'il n'avait pas été « trop conservateur. » Maintenant que les vents sont plus délicieux, que la mer s'étale, que le pot au noir semble ouvert en grand, sans calmes apparents, c'est une course de vitesse quasi en ligne droite qui est entamée, et qui pourrait passer tout près de Recife. « Ça va vite c'est sauvage », assène Ruyant. Il a rattrapé une vingtaine de milles. « J'ai mis du charbon », enchérit Dalin. lire aussi Toute l'actu du Vendée Globe Objectif, revenir au plus près de Thomson. Pour éviter qu'il saute dans un autre système météo avant le grand sud. Habituellement, le passage entre les deux hémisphères offre une somme d'indécision, de calmes, qui fait jouer la flotte à l'accordéon dans les doldrums comme disent les « British », mais c'est tout déréglé. « Des fois la garde-barrière est en colère et fait tomber la barrière sans prévenir », image Desjoyeaux qui a vu bien des trains passer. Pour une fois, ça sent pas l'arrêt buffet. Garde-barrières est-il un métier en train de se perdre ? lire aussi Le classement