Voile - Vendée Globe - Jean Le Cam et le « miracle » face à son très gros problème de délaminage

L'Equipe.fr
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Jean Le Cam, le skippeur de « Yes We Cam », a terminé à la 4e place du Vendée Globe, mais a dû composer pendant un mois et demi avec une très sérieuse avarie sur sa coque. Au coeur de la nuit, après avoir passé la ligne d'arrivée du Vendée Globe pour la quatrième fois, Jean Le Cam a rejoint le port des Sables-d'Olonne. Le skippeur de Yes We Cam s'est attablé et a détaillé le mystérieux « problème structurel » qu'il avait révélé quelques heures plus tôt pour expliquer l'abnégation absolue que la fin de course avait exigée de sa part. C'est en fait un problème de délaminage de sa coque - schématiquement, une détérioration du matériau qui entraîne des cloques et des désagrégations par lamelles qui fragilisent considérablement la structure. Jean Le Cam après sa 4e place dans le Vendée « J'ai connu pas mal de trucs assez difficiles dans ma vie mais là j'ai connu... l'insoutenable. » « Que je sois là aujourd'hui, c'est un miracle, a-t-il débuté pour évoquer cette fin de course. J'ai connu pas mal de trucs assez difficiles dans ma vie mais là j'ai connu... l'insoutenable. » Le marin de 61 ans, visiblement très fatigué, a expliqué avoir découvert l'avarie il y a plus d'un mois et demi, dans l'océan Indien, après avoir débarqué Kevin Escoffier auprès de la frégate française Nivôse : « Le lendemain, je suis allé voir à l'avant, le bateau était délaminé à l'avant tribord. Quand tu as la coque qui bouge de cinq centimètres et que la mousse craque, tu te dis que ça va péter d'un moment à l'autre. Et si ça pète, tu coules. Et là où j'étais (dans l'océan Indien), il fallait que je trouve une solution. » lire aussi Kevin Escoffier : « À sa façon, Jean Le Cam est une légende » Avec les moyens du bord, Jean Le Cam a tenté de trouver une solution : « J'ai réparé une première fois avec des cloisons, j'ai découpé des ballasts, j'avais du carbone jusqu'au cou et pas assez de résine. Et ça a pété à nouveau (dans le Pacifique), quand on est monté au nord avec beaucoup de mer. Arrêt une deuxième fois, réparation et temps de séchage. Et ensuite, c'est chaque jour où on se dit : "Faut pas que ça tape". » Jean Le Cam « J'avais chargé l'avant pour que le bateau tape moins. » « Je ne voulais plus aller devant, parce que j'ouvrais la trappe et je regardais avec la lampe pour voir si ça avait tenu, tout cela tous les jours », a-t-il expliqué tout en décrivant l'étendue de l'avarie : « C'était sur 1,40 m par 70 cm. Mais ça pouvait se propager. J'avais chargé l'avant pour que le bateau tape moins. Et me voilà arrivé, Hubert (le nom de son bateau) m'a ramené. »