Voile - Vendée Globe - L'aventurier Guirec Soudée pense au prochain Vendée Globe

L'Equipe.fr
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À peine terminé, le Vendée Globe aiguise bien des envies dont celle du jeune aventurier breton, Guirec Soudée, qui s'est fait connaître lors d'un tour du monde avec une poule nommée Monique Il rentre de Saint-Barth, où il a laissé son canot, après 74 jours de rame sans drame. Il était mercredi jour des enfants en transit à Montparnasse avant de retrouver son île d'Yvinec en face des Côtes du Nord, ses poules et ses abeilles et l'unique bâtisse d'un caillou mirifique. Guirec Soudée derrière son masque et ses sacs, ne perd pas ses pas dans la gare Montparnasse, vite reconnu par une de ses 100 000 lectrices et/ou 200 000 followers sociaux. Une petite poupée de six ou sept ans, tout en rose et en timidité, poussée par sa maman, s'approche et annone : « c'est vous qui avez écrit la Poule qui fit le tour du monde. » De 2013 à 2018, sur un bateau de onze mètres, il a cheminé d'un pôle à l'autre, engrangeant 45 000 milles, irrésistiblement épris d'évasion. « Je voulais partir avec un animal de compagnie, un chien ou un chat c'était compliqué, j'ai finalement quitté le Bretagne seul, triste, et puis en escale aux Canaries, j'ai rencontré Monique avec qui est née une vraie complicité, en plus je me disais qu'une poule ça peut faire des oeufs. » Elle en pondra officiellement 1261. Guirec Soudée « Je montre que la planète, même si elle est altérée par la pollution, est belle, je veux que les gens qui se connectent soient heureux » Guirec Soudée, en même pas trente ans de vie, a aggloméré une belle communauté : « Je montre que la planète, même si elle est altérée par la pollution, est belle, je veux que les gens qui se connectent soient heureux, qu'ils se laissent inspirer. » Incompatible avec l'école (« j'en ai fait treize »), Guirec s'est tiré en Australie en avion plutôt que prendre le bac qui mène aux études. « Je suis arrivé là-bas avec 200 euros, j'ai couché dans la rue les premiers soirs. » De petits boulots en petits boulots, notamment sur un crevettier, un rêve a pris la forme la forme d'un vrai bateau lui qui n'avait jamais vraiment navigué au large. Revenu à terre, il a habilement troussé trois livres, joyeusement monté un film et multiplié les conférences. « Je n'ai pas arrêté de bosser. » À la rame dans l'Atlantique sud Mais lui qui a « 36 000 projets » ne pouvait pas ne pas repartir. Ça devait être le Groenland à pied sur 600 km ou la Manche en paddle sur sa plus grande largeur entre Salcombe et Paimpol, mais les barrières anti-covid l'ont envoyé ailleurs, vers ce qui restait possible, l'Atlantique Sud à la rame. Il s'est retourné deux fois, a vu des palanquées de dauphins, une baleine joueuse et une tortue « tarée » qui se frottait un peu trop à son canot. « Je suis trop bien en mer. » Monique, 7 ans et pas toutes ses dents, n'était pas conviée. « C'est trop petit, 1,5 m2 d'espace pour vivre, c'est trop humide aussi, on vit à vingt centimètres de l'eau, parfois dans des creux de sept mètres. » Guirec est rentré, délesté de neuf kilos, clopin-clopant, pas encore réhabitué à la marche du bipède. Il va faire expédier son canot à Cape Cod et dans deux mois, reprendre les rames pour tracer un trait jusqu'à la Bretagne-Nord. Bref : troquer les alizés contre le Gulf Stream. Mais d'ici-là, il compte (« la banque me suit ») finaliser l'achat d'un vaillant et modeste bateau pour le Vendée Globe. « J'ai toujours été bercé par cette course. » Il doit croiser le vénérable Jean Le Cam, il reluque le solide esquif de Miranda Merron, 22e du dernier vendée ; il aimerait se rapprocher de Roland Jourdain, des gens de savoir-faire et de savoir-vivre. « J'ai tout à apprendre, j'apprends vite, je ne suis pas plus bête qu'un autre. » Moins que Monique, c'est sûr. Un petit alinéa, dans le règlement du Vendée Globe, interdit la présence d'animaux à bord.