Voile - Vendée Globe - Le maire des Sables-d'Olonne pousse au maintien du Vendée Globe

L'Equipe.fr
L’Equipe

La semaine dernière le président du Conseil départemental laissait planer comme un gros doute sur la tenue du Vendée Globe 2020. Yannick Moreau, le maire des Sables-d'Olonne, au contraire, pousse fort pour le départ. Le Vendée Globe (départ, en principe, le 8 novembre) n'est pas qu'une course à la voile au grand large, qui véhicule valeurs et poésie. C'est aussi une affaire politique et économique (avec des budgets ardus à équilibrer). Mardi dernier, au coeur d'une interview sur France 3 qui s'annonçait banale, Yves Auvinet, président du conseil départemental (le principal contributeur public de l'épreuve) et patron de la SAEM Vendée, structure organisationnelle de la course (budget autour de 17 millions d'euros), a jeté des pavetons dans l'eau salée, en lançant : « Je n'imagine pas de Vendée Globe 2020 sans village départ et sans public », ajoutant que « dans tous les cas de figure » une décision serait prise « avant le 15 juin. » Ces petites phrases, alors qu'Yves Auvinet est plutôt un consensuel discret, alors qu'une réunion constructive le matin même entre divers acteurs majeurs concluait de ne pas se précipiter, ont fait désordre et fait rugir nombre de skippers et sponsors, même si certains, très minoritaires, comme Paprec (co-armateur du bateau de Sébastien Simon, un très gros outsider), sont favorables au report. Yannick Moreau, président de la communauté d'agglomération, maire des Sables d'Olonne, ville départ, mais aussi partenaire de la course, invite à une vision de l'avenir plus pro-active. À décrypter entre les lignes. « Comment avez-vous analysé les phrases de M. Auvinet ?
Je sais notre volonté commune d'organiser. Et, bien entendu, nous en avons souvent parlé ensemble. Je crois que parfois, dans des interviews, on peut ne pas dire exactement ce qu'on voulait dire. Je reste confiant. Dans un contexte contraint de sinistrose, résister aux éléments serait un acte qui ressemblerait bien au caractère des Vendéens. Ce serait du panache. À l'image des marins qui sont capables de réduire la voilure quand c'est inévitable, l'organisation aussi peut s'adapter. On a suffisamment d'événements à plusieurs détentes : le village, le départ, les vacations, les retours, d'autant que cette année le PC sera installé aux Sables. Il sera forcément possible, à un moment donné, d'une façon ou d'une autre, de continuer à faire du Vendée Globe une fête populaire. Une date butoir, 15 juin au plus tard, a été décrétée. Vous y souscrivez ?
Je ne m'y accroche pas. Pour moi, il n'y a aucune date gravée dans le marbre. Il faut se donner une marge. C'est dans le grain qu'on voit le marin. On n'est pas obligé non plus de privilégier l'hypothèse la pire. Je suis partisan de l'énergie positive. On va se voir bientôt avec tous les acteurs. Auvinet a aussi évoqué ''un trépied'', un équilibre village-public-bateaux, sous-entendant que rogner un pied était inconcevable
Je sais par exemple qu'il y a des contraintes de marchés, d'appels d'offres, etc. Mais il faut intégrer que quoi qu'il arrive, ce Vendée Globe ne sera pas comme les autres. Il sera singulier. On s'adaptera. En mer non plus, il n'est jamais le même. Si le village n'est pas aussi important au départ, peut-être peut-on travailler davantage le retour des skippers. « Le Vendée Globe est une machine à rêve. On a tous une histoire avec lui » Faut-il redéfinir une date butoir ?
Ou les bouées à virer ? Moi je pense qu'il faut retarder au maximum. Début septembre, six semaines avant le départ, ça me semble pas mal, ça laisse encore le temps de redimensionner ou repositionner. Tout en sachant qu'on est responsable, qu'on ne mettra pas en danger, ni le Vendée Globe, ni le public. Le Vendée Globe, en tant qu'organisation, peine à trouver son équilibre. Est-ce un enjeu alors que les perspectives économiques et budgétaires sont incertaines voire sombres ?
Nous, on a investi 5 millions d'euros pour un village élargi, pour que les spectateurs (plus d'un million selon certains chiffres) ne soient pas les pieds dans la gadoue. La ville est déjà pavoisée aux couleurs de la course. Mais il faut avant tout considérer les effets positifs sur la durée. J'ai une seule trouille que le départ soit reporté, ça voudrait dire qu'on aurait battu en retraite face aux éléments. 125 sponsors financent les 35 bateaux engagés. Vous les sentez réticents ou fonceurs ?
Je suis sur la ligne de Jean-Jacques Laurent (patron de PRB) qui en a gagné deux (avec Desjoyeaux et Riou), qui à chaque édition engage un bateau. Il a dit qu'on avait besoin de se projeter dans des perspectives positives. Le Vendée Globe est une machine à rêve. On a tous une histoire avec lui. J'ai beaucoup plus entendu ce genre de réactions positives que d'autres choses. »

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi