Voile - Vendée Globe - Sébastien Simon : « Si j'ai une opportunité, je ne laisserai pas passer ma chance » sur le Vendée Globe

L'Equipe.fr
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Skippeur d'Arkéa-Paprec, foiler de nouvelle génération, Sébastien Simon prendra dimanche le départ de son premier Vendée Globe. Le Sablais se voit comme un outsider prêt à bousculer la hiérarchie si une occasion se présente. « Après une campagne de préparation perturbée par des avaries de foils, comment vous situez-vous aujourd'hui par rapport à la concurrence ?
J'ai envie d'y croire et de rester positif. Je pense que le bateau Arkéa-Paprec n'est pas positionné en tant que leader au départ. Je suis probablement outsider. J'espère que ce changement de statut fera que j'aurais un peu plus de détachement par rapport à l'épreuve car c'est quand même une course chargée d'émotion. Et comme je suis Sablais et quelqu'un d'ultra passionné, même sans y participer, le Vendée a toujours été très important pour moi. Ça va peut-être me permettre de prendre plus de plaisir, de naviguer plus libéré, et de faire les choses à ma façon, sans trop regarder les autres. « La plus belle des récompenses serait de couper cette ligne d'arrivée du Vendée, j'espère sans regret, et avec un beau résultat à la clé. » Dans ce contexte, quelles sont vos ambitions dans cette 9e édition ?
J'ai envie de montrer ce que je sais faire, de m'exprimer sportivement, ce que je n'ai pas pu faire ces derniers mois. Je ne pars pas pour un voyage initiatique et je ne compte pas faire ce Vendée en mode convoyage, ça me rendrait malheureux. Ce qui est sûr, c'est que si j'ai une opportunité, je ne laisserai pas passer ma chance. Je serais sûrement prudent les premiers jours et au fur et à mesure, je prendrais confiance en moi et dans le bateau. Je saurais alors où positionner le curseur. La plus belle des récompenses serait de couper cette ligne d'arrivée du Vendée, j'espère sans regret, et avec un beau résultat à la clé. lire aussi Parcours, records et navigateurs au départ du Vendée Globe C'est votre première participation, comment appréhendez-vous les mers du Sud ?
Il y a une part de risque, surtout sur ces bateaux extrêmes, j'en suis conscient. Maintenant, je saurai me raisonner et faire attention. Je ne fais pas ça pour me mettre en danger. C'est la mer, ce n'est pas notre élément, il faut rester humble vis-à-vis de ça. Mais ça ne me freine pas pour autant. Je vais y aller sans me poser trop de questions. Peut-être que cette insouciance me permettra de mieux vivre le Grand Sud. Comment se passe la vie à bord d'un foiler de dernière génération comme le vôtre ?
Ce n'est pas du tout confortable. Vivre à 20 noeuds de moyenne (37 km/h) dans de la grosse mer, c'est vraiment dur. Après, avec le temps, tu t'habitues, tu te construis un nouveau rythme de vie. Je sais qu'il y aura des moments difficiles. Mais j'ai aussi envie de vivre cette expérience pour trouver mes limites. C'est une expérience personnelle, je vais apprendre à me connaître encore et encore. « La perception, la sensibilité et le feeling du marin seront toujours importants, c'est ce qui fait qu'on ne peut pas nous remplacer et téléguider le bateau. » Les nouvelles technologies ont envahi les bateaux, cela change-t-il votre métier de skippeur ?
Avec la data et la multiplication des capteurs, c'est vrai qu'on commence à avoir une somme incroyable de données. Il faut décortiquer tout ça afin d'élaborer une sorte de mode d'emploi. Tu sais que dans telle condition de vent et de mer, il faut tel réglage de foil, tel angle de quille, tel réglage de voiles. Mais sur le tour du monde, l'état de la mer ne sera pas forcément le même, l'angle d'attaque et le gradient de pression non plus. La perception, la sensibilité et le feeling du marin seront toujours importants, c'est ce qui fait qu'on ne peut pas nous remplacer et téléguider le bateau. Avec l'augmentation de la vitesse, on assiste à une fermeture des cockpits afin de protéger le marin. Certains utilisent également des caméras pour contrôler les réglages des voiles. Qu'en pensez-vous ?
Moi, j'ai besoin de ne pas m'isoler complètement des éléments extérieurs, de voir mes voiles. En les observant sur un écran via une caméra, tu n'as pas la même perception que les yeux. Je pense qu'on pratique un sport où on ne peut pas s'isoler des éléments extérieurs. C'est pourquoi j'ai fait le choix de mettre beaucoup de hublots pour voir à l'avant. Je trouve ça anxiogène de partir sur un bateau à 30 noeuds et de ne pas voir ce qui se passe devant. J'associe ça à conduire une voiture en ville les yeux fermés. Peut-être que certains ont plus de détachement que moi vis-à-vis de ça ! » lire aussi Vendée Globe Virtuel : participez à la course L'Équipe !