Voile - Vendée Globe - Vendée Globe : Attanasio repartirait bien pour un troisième round

L'Equipe.fr
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Après un tour du monde où il a exprimé tout son bonheur, Romain Attanasio, le skipper de Pure-Best Western et 14e du Vendée Globe, a déjà envie de repartir. Le Vendée Globe, c'est trente-trois histoires et presque autant de victoires. Romain Attanasio est entré samedi soir tard au port, 14e, une place et dix jours de mieux que son tour précédent. Il a enfin compris d'où suintait cette odeur lancinante de putréfaction : il avait oublié qu'il avait embarqué des pommes : « C'est plus de la compote, c'est du cidre. » Romain Attanasio, joyeux gouailleur a très vite cité Jean-Claude Vandamme, un philosophe belge, qui invoque cette capacité « d'être aware », d'être conscient, à l'écoute, car c'est bien ce qui importe « quand à tout moment ta course peut s'arrêter ». lire aussi Bestaven, vainqueur du Vendée Globe Attanasio est passé, gardant toujours une porte de dérision pour raconter le bon et le moins bon. « Comme dit Loïck Peyron, c'est un luxe de choisir ses douleurs, et puis ceux qui t'écoutent ne sont pas là pour t'entendre te plaindre ». Alors, oui, il est monté au mât, s'est pété une côte, a traîné une voile coincée avec un ris dedans, s'est coltiné trois jours de pot au noir « comme si quelqu'un me suivait pour me jeter des pièges », mais c'est le job. Parfois, hors-caméra, il a engueulé « tous les dieux de la mer », mais « je m'excusais aussitôt » ajoute-t-il, car sait-on jamais, finir deux fois est déjà un privilège. Romain Attanasio « J'ai tellement de potes marins qui veulent faire le Vendée Globe. » Son bateau, de 2007, prix d'achat un demi-million, sans foils, ne lui autorisait pas de fréquenter la tête de flotte. « Mais j'ai tellement de potes marins qui veulent faire le Vendée Globe et ne le feront jamais... J'entendais Zidane dire qu'il devait sa carrière aux gens qu'il a rencontrés. Je ne me compare pas à lui, mais le jour où j'ai décidé de faire la mini, à 17 ans, mon père m'a dit oui, à condition que tu ne glandes pas. Je passe plus de temps sur la route qu'en mer, j'en rencontre des gens, je réunis des tas de petites entreprises qui seules ne pourraient pas s'offrir cette course... L'autre jour, au supermarché, j'étais tombé sur mon banquier au temps de la mini, justement. Il aurait pu me faire interdit bancaire et au contraire, je pense qu'il a mis sous le tapis beaucoup de choses. Je l'ai remercié. » Et pendant ce temps, la mère est en mer Romain Attanasio sait donc d'où il vient, d'un père dans les travaux publics qu'il suivait de par le monde et pas souvent en bord de mer, ne se plaint de rien, et positive. Il a aussi un joyeux gamin, Ruben, qui squatte le micro des journalistes à l'heure de la conférence de presse terminale et lui demande : « c'est quand que tu fais monter la maîtresse au mât. » Ça fait rire le père, qui lui lance quand même un « sale gamin. » Il faut dire que la mer est en mère, ou plutôt le contraire. Sam Davies joue hors-course encore dans l'hémisphère sud. Elle est fière de lui (elle l'a écrit sur une pancarte), Il est fier d'elle : « elle aurait pu gagner cette course, elle n'a pas eu de bol. » Il se pourrait qu'ils soient encore tous les deux au départ la prochaine fois et les grands-parents ancreraient encore leur beau bateau en bois à Port-la-Forêt pour faire garderie. Romain Attanasio « Faire de la voile, c'est ressentir la nature, essayer de comprendre et s'adapter. » « La première fois, j'étais dans l'aventure, là j'étais un peu plus dans le sport, j'aimerais bien aussi voler. » Il n'a que 43 ans. L'intégrale des vacations de Romain Attanasio ferait un long-métrage où en regardant les spectateurs on ne verrait qu'un régime de bananes, car vraiment il déclenche le bonheur. En plus, il cause mieux que Vandamme : « faire de la voile, c'est ressentir la nature, essayer de comprendre et s'adapter ». Et ne pas moufter donc. lire aussi Toute l'actu du Vendée Globe