Voile - Vendée Globe - Yoann Richomme construit un bateau pour gagner le Vendée Globe

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Paprec et Arkéa financent un nouveau bateau pour le double vainqueur de la solitaire du Figaro avec l'ambition affichée de gagner le tour du monde en solitaire en 2023-2024.

Ça se savait, c'est maintenant officiel. La joint-venture maritime Arkéa-Paprec, à peine émoussée par la désillusion du Vendée Globe dernier avec l'abandon prématuré de Sébastien Simon, repart en campagne avec du tout nouveau : équipe, localisation, organisation, bateau et skipper. À la barre, Yoann Richomme, 38 ans, double vainqueur du Figaro 2016 et 2019, qui, enfin après plusieurs projets avortés d'une queue de pelle, disputera le tour du monde en solitaire 2023-2024 avec affiché tout en haut de mât l'ambition de l'emporter.

« Il y a quelques années, vous étiez dans votre container, sur le port de Lorient, à attendre l'argent qui ne venait pas pour nourrir vos rêves...
Ce métier, ce sont des phases sans, des phases avec, pour avancer tout passe par les budgets. On prend des claques, on voit des portes entrouvertes se refermer. Plus d'une fois, y compris pour le Vendée Globe, j'ai cru que ce serait bon et puis...

Comment vous êtes vous débrouillé pour être l'élu de la nouvelle structure Paprec-Virbac ?
C'est tout un discours. D'abord il y avait mes résultats des dernières années comme les solitaires du Figaro ou la Route du Rhum en Class40, des bons choix sur des bateaux que j'avais moi-même construits, l'appropriation assez rapide de ces bateaux, où j'ai su être assez agile alors que ce sont des supports compliqués. Et puis pendant le Vendée, j'ai animé un programme, l'oeil du Vendée, qui a très bien marché, où je crois avec expliqué les choses de façon compréhensible. Enfin, j'ai dit le plaisir que j'avais à partager les projets.

Au début des discussions, il y avait juste une personne, Romain Mesnard, et tout s'est bien marié. Je ne voulais pas n'être qu'un skipper de bateau. On a commencé en juillet à Lorient avec un ordi sur un bureau, on est aujourd'hui sept, il y a tout à faire ensemble. On est parti d'un page blanche, on a juste fait savoir un peu pour voir qui aimerait travailler avec nous, et c'était pas évident vu le nombre de projets en cours, mais je crois qu'on a donné envie à certains.

Vous n'avez pas l'habitude de naviguer pour ramasser les bouées, c'est quoi l'ambition affichée ?
D'aller gagner le Vendée Globe. En toute humilité, car ce n'est pas facile à gérer, car c'est plein d'aléas. Quand tu vois les projets hyper structurés de Charlie Dalin (Apivia) ou Thomas Ruyant (LinkedOut), tu mesures le niveau requis. L'objectif est de se sentir compétitif, d'être prêt à la bataille. On ne va pas se précipiter. Le bateau ne fera pas la Route du Rhum 2022. Ça aurait été possible en se pressant un peu, on préfère prendre le temps, mettre à l'eau en janvier 2023. On a l'équipe et le budget pour bien faire.

Vous faites déjà peur à la concurrence...
J'espère bien, on ne vient pas pour amuser la galerie mais on sait que ce sera compliqué d'aller chercher les meilleurs.

Un skipper c'est un bateau, il aura quelle philosophie ?
On a voulu un bateau plus évolutif que ceux d'aujourd'hui, un peu moins dur, qui envoie moins valser le skipper contre les cloisons. Les outils numériques ont tendance à fabriquer des avions de chasse sur mer plate. Nous, on essaie plutôt, avec Antoine Koch l'architecte et le cabinet Finot-Conq, en synergie avec le projet de Thomas Ruyant, d'obtenir un bateau qui vole de manière stable et le plus longtemps possible. On utilise le simulateur de TNZ (Team New Zeland, en Coupe de l'America), c'est assez bluffant de voir tout ce qu'on peut reproduire, toutes les itérations possibles. Il y a quatre ans, cet outil existait à peine, c'est incroyable.

Enfant, vous vous rêviez menuisier, vous voilà skipper après avoir passé un diplôme d'architecte naval, vous avez tiré quelques bords...
J'étais parti en Angleterre pour faire des études d'informatique et à deux jours du début, je me suis retrouvé en archi... Je ne sais pas trop comment tout ça m'est arrivé. Je suis quelqu'un de créatif et manuel. J'ai d'ailleurs construit moi-même la maquette du cockpit de mon futur bateau. Je suis un peu tout à la fois. Aujourd'hui, la compréhension des outils est importante. Il faut pouvoir répondre à la question : qu'est-ce qui fait avancer un bateau vite ? »

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