Volley - Élections fédérales : le volley français attendu au tournant

L'Equipe.fr
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Eric Tanguy sera réélu ce mercredi matin à la tête de la Fédération française, tandis qu'Yves Bouget devrait prendre la présidence de la Ligue en fin de semaine. Les anciens adversaires, conscients que le volley est ébranlé par la crise du Covid, préfèrent enterrer la hache de guerre et préparer l'avenir.

Béatrice Avignon (avec G. De)

« On pourra dire cette année que le volley aura eu des élections claires. » Même avec une pointe de malice, Eric Tanguy, le président de la Fédération française de volley depuis 2015, ne s'y trompe pas : les élections fédérales, dont le résultat sera officialisé ce mercredi matin, puis l'élection du comité directeur de la Ligue, vendredi, feront sans doute date. Pas de drame, de contestations, de recours en vue, comme cela a pu être le cas quasiment à chaque scrutin ces dernières années.

Du côté de la Fédération, une seule liste s'est présentée aux suffrages de plus de 1100 clubs, qui avaient jusqu'à minuit hier soir pour choisir entre Eric Tanguy (la tête de liste est automatiquement nommée à la présidence) et un vote blanc. La moitié des sortants se représente au conseil d'administration (36 élus, dont 26 représentants territoriaux), signe de continuité pour l'olympiade qui s'annonce. À la Ligue (LNV), où les candidats se présentent individuellement, le suspense ne devrait pas durer longtemps non plus : Yves Bouget, le président de Tours, demeure l'ultra favori des pronostics, après qu'une grande majorité des présidents des clubs professionnels s'est arrangée pour se fédérer autour d'un projet commun et présenter un candidat pour chacun des 22 sièges du comité directeur à pourvoir. Tandis que l'ancienne équipe, à commencer par Alain Griguer, président depuis quatre ans, a globalement jeté l'éponge. Fini, a priori, les décisions de la LNV contestées quelques jours plus tard dans un communiqué signé par 12 ou 13 présidents de clubs (sur 14).

La crise du Covid aura finalement eu raison, au moins pour un temps, des querelles internes. « Avec l'année qu'on vient de vivre, le poste de président n'est pas des plus confortables, ça donne moins envie », estime Eric Tanguy. La Fédération accuse actuellement une perte de 20 % de licenciés, d'une soixantaine de clubs, et un manque à gagner de 830 000 euros (sur 7 millions d'euros de budget). Les championnats amateurs, comme les équipes de France, sont à l'arrêt.

Le confinement du printemps a ébranlé les esprits dans les clubs pros. « Le Covid a permis à certains présidents de prendre conscience qu'il fallait bouger les choses, mesure Bruno Soirfeck, président de Chaumont et candidat au comité directeur de la LNV. Les plus jeunes dans la fonction se sont rendus compte qu'ils n'étaient pas épaulés face au Covid. » L'envie de passer à autre chose a pris le pas sur les guerres de personnes, les présidents se sont mis au travail. « Au-delà d'en vouloir aux dirigeants en place, on a surtout constaté qu'on était peu impliqués les uns les autres, avoue Jérémie Ribourel, président de Narbonne et candidat sortant. C'est difficile d'être exigeant quand on ne participe pas pleinement aux décisions. »

Les dossiers ne manqueront pas pour la nouvelle équipe : « On a un sport mixte qui mérite davantage de visibilité et de professionnalisme, nous devons rétablir des événements, trouver des sponsors... », décrit Soirfeck, ancien directeur commercial prêt à dégainer un plan stratégique pour vendre le volley sous toutes ses formes. « On se rend compte que le modèle économique du volley peut être l'événement que l'on crée, précise Ribourel. La télé serait un plus, mais on veut d'abord avoir des salles pleines. »

À la Fédération, tout semble déjà prêt : deux postes ont été supprimés l'été dernier en guise d'économies, les tâches du directeur général licencié réparties. La DTN, Axelle Guiguet, devrait poursuivre son projet entamé au printemps 2017. L'objectif de l'olympiade ? « S'améliorer sur l'organisation des événements », concède Tanguy. Après l'échec financier de la phase finale de la Ligue des nations (VNL), à Lille en 2018, la FF Volley était sortie de l'Euro 2019 avec quelques dizaines de milliers d'euros de pertes (sur 6M de budget). Peut mieux faire, donc.

Dans ce climat apaisé, le placide Eric Tanguy et le directif Yves Bouget, son prédécesseur à la tête de la FFVB (2013-2015), feront-ils front pour gérer les dégâts de la crise dans l'immédiat, et la survie à plus long terme du volley français ? « On ne peut pas dire que tout s'est toujours bien passé avec Yves Bouget, mais il y a beaucoup de dossiers sur lesquels on était d'accord. Et nous partageons certains points de vue sur le volley-ball. » Yves Bouget n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet avant l'échéance électorale. Après, ça devrait déménager.