Volley - Bleus - Bruno Rezende sur l'arrivée de son père à la tête des Bleus : « Ça va être un beau mariage »

L'Equipe.fr
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Bruno Rezende, le capitaine de la Seleçao et fils du futur sélectionneur de l'équipe de France, est persuadé que l'union entre Bernardinho (qui prendra son poste après les JO de Tokyo) et les Bleus sera fructueuse. « Bruno Rezende, comment a réagi votre père quand il a été sollicité pour entraîner l'équipe de France ?
Quand il m'a dit que la Fédération française le voulait, il était heureux et honoré. Il n'avait sans doute pas besoin de ça pour se décider, mais moi je l'ai poussé et encouragé à accepter le défi. C'est génial. Je connais une partie du groupe France, ce sont des bons mecs et des très bons joueurs. Je suis certain que mon père va prendre plaisir à les côtoyer. Malgré son incroyable CV, il n'a presque jamais entraîné en dehors du Brésil (Pérouse et Modène de 1990 à 93). Une expérience à l'étranger lui manquait ?
Oui, ça fait partie des choses qui l'ont poussé à accepter. Mon père aime les défis, il avait besoin de voir de nouveaux horizons et de se confronter à autre chose. Et franchement, que peut-il y avoir de plus beau que d'essayer de décrocher une médaille à la maison, lors des Jeux Olympiques de Paris ? C'est absolument génial non ? En fait, ce projet va lui permettre de vivre un nouveau défi, comme il les aime, et de participer à l'un des plus grands moments de l'histoire du sport français. lire aussi Rezende, un géant au pays des Bleus Connaît-il aussi bien que vous le groupe France ?
Oui bien sûr. Ça fait des années qu'il affronte l'équipe de France et qu'il étudie le profil de ces joueurs. Il les a décortiqués à plusieurs reprises. Il en connaît certain aussi, comme Earvin (Ngapeth), avec lequel il a déjà échangé par téléphone. Et vous ? Votre ami Earvin Ngapeth vous a-t-il appelé pour en savoir plus sur les méthodes de votre père ?
Non, on ne s'est pas encore parlé. Mais je suis certain qu'il est content. Pas parce qu'il s'agit de mon père mais parce qu'il s'agit d'un entraîneur qui aime la victoire et qui a de l'expérience. Ils ont la même mentalité tous les deux. Ils cherchent toujours à progresser, à gagner, à élever le niveau d'exigence. Je suis certain que ça va coller entre eux. Bruno Rezende « Pour rêver d'une médaille aux JO, ça peut faire du bien aux Français d'avoir un peu de changement » L'équipe de France est considérée comme très talentueuse mais pas souvent gagnante, surtout aux JO. Votre père peut-il réparer cette lacune ?
Oui, ils ont une génération très talentueuse mais ce ne sont pas des losers ! Ils ont déjà conquis beaucoup de titres : deux Ligues mondiales (2015, 2017), un Championnat d'Europe (2015)... Avec (Laurent) Tillie, ils ont obtenu des grands résultats. Pour rêver d'une médaille aux JO, ça peut leur faire du bien d'avoir un peu de changement. Mon père peut amener ça, un nouvel esprit, plus d'exigence, une nouvelle vision aussi. Et il a aussi l'expérience de savoir gérer un tournoi olympique à la maison (médaille d'or avec la Seleção lors des JO Rio 2016). Va-t-il déménager à Paris ?
Il va vivre la moitié de l'année à Paris, le reste au Brésil. Il parle déjà un peu le français qu'il a appris à l'école et en prenant des cours aussi. C'est un défi qu'il va vouloir relever très vite : maîtriser le français le plus vite possible. Il aime la culture française aussi. Franchement, je suis content car ça va être un beau mariage, j'en suis certain. En fait, l'unique accroc et seule défaite des Bleus, j'espère qu'elle sera contre le Brésil (rires). » Bernardinho vise l'or olympique L'information révélée par L'Équipe a surpris le Brésil, lundi. Personne ne s'attendait à ce que l'entraîneur qui a remporté 30 titres en 15 ans avec la Seleção (2001-2016), puisse prendre les rênes de l'équipe de France. Le champion olympique en titre continuera néanmoins d'entraîner l'équipe féminine de Flamengo, tout en succédant à Laurent Tillie à la tête des Bleus, à partir de septembre prochain.
« On a trouvé un accord pour cela et ce sera un défi important de concilier les deux... La priorité reste les projets que nous avons avec Flamengo, a-t-il avoué avant de justifier sa candidature auprès de la FFV. J'avais envie de sortir de ma zone de confort, d'évoluer, grandir, apprendre un peu plus. » Touché sans gravité par le Covid, en février dernier, Bernardinho (61 ans) a encore assez d'énergie pour jongler avec deux missions, l'une à Rio, l'autre à Paris. « Je suis très enthousiaste à l'idée d'apporter mon expérience à cette équipe avec un objectif commun : remporter la médaille d'or aux Jeux de Paris. C'est un vrai défi qui nous attend », a-t-il conclu.