Volley - C1 (H) - Laurent Tillie : « Le ciment de notre réussite »

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Laurent Tillie, le sélectionneur des Bleus, raconte l'amitié unique qui lie son capitaine à son leader.

« Comment définiriez-vous la relation entre Benjamin Toniutti, votre capitaine, et Earvin Ngapeth, votre leader, chez les Bleus ?
Le respect mutuel qui existe entre eux deux est assez incroyable. Ils ont deux styles de vie très différents, presque à l'opposé, mais ce sont deux stars du volley mondial, qui se retrouvent sur le terrain. Leurs caractères sont très différents, également, mais aussi très complémentaires. Leur amitié est réelle et forte, et constitue le ciment de notre réussite. Elle est un joli résumé de ce qui fait la force de l'équipe de France : l'adjonction de talents et de personnalités diverses, qui s'acceptent et travaillent ensemble pour gagner.

Cette amitié est-elle facile à gérer pour vous ?
Benjamin et Earvin connaissent leur place et acceptent leur rôle. Par moments, on dirait même un vieux couple, qui n'a plus besoin de parler pour se comprendre : ils sont capables de jouer ensemble les yeux fermés. C'est un héritage de leur riche passé avec les sélections de jeunes. C'est assez facile pour moi et le staff car, au-delà du respect, il y a aussi beaucoup d'intelligence de chaque côté. Même quand ils ne sont pas d'accord, ils arrivent à se parler, à s'expliquer. Leur relation sur le terrain n'est pas un acquis. C'est inné, ils sentent le jeu de la même manière. C'est appréciable aussi pour moi car ils jouent à l'instinct et savent ce qu'ils ont à faire.

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Il n'y a jamais de moments de friction entre eux ?
Si, bien sûr. Je pense notamment à un moment de tension, au Mondial 2018, après la défaite contre les Pays-Bas (2-3, au premier tour). Une grosse déconvenue. Nous étions arrivés à un moment où Earvin et Benjamin ne se parlaient plus car ils connaissaient trop les limites de l'autre. Il a fallu les convaincre de la nécessité de reprendre la communication, de ne plus penser à la place de l'autre. Il y a eu une remise en question de leur part et ils ont franchi un cap ensemble. C'était reparti. Tous deux partagent aussi la même force, celle de croire que tout est toujours possible. Ils insufflent l'espoir à toute l'équipe. Ce sont des gagneurs invétérés.

Quel sera votre favori pour la demi-finale de Ligue des champions ?
(Il rit.) C'est du 50/50 ! Vraiment. Kedzierzyn-Kozle joue bien, avec une équipe très équilibrée, qui commet peu de fautes et a perdu très peu de matches cette saison. Kazan revient bien, au bon moment, après un gros creux cet hiver. Earvin et Benjamin tiennent leur équipe à bout de bras. Ça promet. »