Volley - JAP - Laurent Tillie « ravi » de ses premiers pas au Japon

L'Equipe.fr
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Deux mois après son arrivée à Osaka, le sélectionneur des Bleus Laurent Tillie a déjà trouvé ses marques. Son équipe, les Panasonic Panthers, est en tête du Championnat nippon.

Laurent Tillie n'a toujours pas de carte bleue ou de numéro de téléphone japonais mais il prend ça avec le sourire. Arrivé depuis deux mois dans la banlieue d'Osaka, à Hirakata, pour coacher les Panasonic Panthers pour les quatre prochaines années, le sélectionneur de l'équipe de France a déjà presque oublié la longue période d'attente qui a précédé, coincé chez lui, sans visa pour le Japon. Son équipe, qui compte notamment la star Michal Kubiak, capitaine de la sélection polonaise double championne du monde, ne tourne pas encore à plein régime mais figure en tête du Championnat, la V-League, à égalité de points avec Nagoya et Suntory Sunbirds, l'autre équipe d'Osaka (8 victoires en 10 matches). Il avoue volontiers n'avoir « jamais autant travaillé », avec un seul jour de repos depuis sa prise de fonction, consacré à une balade « magnifique » à Kyoto, l'ancienne cité impériale.

Pour le reste, posé à 5 minutes de la salle à vélo, l'ex-grand international (406 sélections) bénéficie de conditions de travail « monstrueuses », avec trois médecins et deux scouts à disposition. Zen, détendu, dans un environnement qu'il apprend doucement à maîtriser, le patron des champions d'Europe 2015 ne s'avoue frustré que par la communication, même si la traductrice mise à disposition par le club, une Américano-japonaise qui a joué au volley à UC Irvine et notamment vu jouer Kevin, son fils cadet qui évolue cette saison à Cisterna en Italie, « fait des miracles ».

Le sélectionneur suit de près ses internationaux
Sauf en plein match, avec les joueurs, où cela demeure un exercice très incertain. « Il me faut parfois plusieurs temps morts pour faire passer une consigne, c'est frustrant, avoue Tillie. C'est délicat d'être très précis avec la barrière de langue, surtout quand le money-time arrive. Mais je suis ravi de cette expérience. »

Totalement dépaysé, confortablement installé dans un bel appartement avec sa femme Caroline qui a pu le rejoindre, le boss des Bleus n'en oublie pas pour autant ses internationaux et réfléchit déjà à la programmation de l'été 2021, a priori riche d'une Ligue des nations puis des Jeux Olympiques à Tokyo, grâce à la qualification obtenue en janvier dernier, à Berlin. « Le suivi de l'équipe de France est plus compliqué que si j'étais en Europe mais je ne perds pas grand-chose au final, assure-t-il, soucieux de réussir sa sortie à la tête de l'équipe nationale. Je récupère les stats, je reçois des fichiers vidéo... J'ai vu qu'Antoine (Brizard) s'est bien intégré à Saint-Pétersbourg, il m'a impressionné. Tout comme j'ai remarqué qu'Earvin (Ngapeth) tenait Kazan, il est devenu l'âme de cette équipe. »

Avec son taulier comme avec son capitaine Benjamin Toniutti, qui réalise encore une solide saison en Pologne à Kedzierzyn-Kozle, Laurent Tillie est en contacts réguliers et suit également avec grand intérêt la belle saison italienne de Vibo Valentia, le club calabrais où brille Thibault Rossard et Barthélémy Chinenyeze, et que vient de rejoindre Julien Lyneel. « Malgré ce que je vis ici, j'ai hâte de vivre cette dernière aventure olympique ensemble », reconnaît-il.