Volley - Laurent Tillie quittera les Bleus après les Jeux Olympiques

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INFO L'ÉQUIPE. Sa décision est prise : après les Jeux de Tokyo (24 juillet-9 août), le sélectionneur Laurent Tillie arrêtera l'équipe de France pour rester au Japon. Où un contrat longue durée l'attend à Osaka, avec les Panasonic Panthers. Cela ressemble à un coup de tonnerre. À la rentrée, au 1er septembre, Laurent Tillie (56 ans) ne sera plus le sélectionneur de l'équipe de France, quel que soit le résultat des Bleus aux Jeux Olympiques de Tokyo (24 juillet - 9 août). Une décision mûrement réfléchie depuis un moment, vraisemblablement depuis la fin de l'Euro en France en septembre dernier achevé à une frustrante 4e place, et qu'il n'a avoué qu'à une poignée de proches pour le moment. Quitter la maison bleue alors que se profile, à l'horizon, Paris 2024 pourrait surprendre. Mais Tillie s'est vu proposer un contrat financièrement difficile à refuser, au minimum trois années à Osaka, l'un des deux clubs majeurs du Championnat nippon. Les Panasonic Panthers, qui viennent de perdre la finale disputée à huis clos pour cause de coronavirus, cherchaient un technicien étranger de renom pour succéder au Franco-Brésilien Mauricio Paes, arrivé sur l'archipel en 2016. Longtemps, l'ex-grand international (406 sélections) a pesé le pour et le contre. Mais la perspective de changer de vie, de tenter une nouvelle aventure avec sa femme Caroline l'aurait finalement emportée. Par le passé, il avait systématiquement repoussé toutes les offres étrangères, italiennes ou turques principalement, parce que son troisième fils, Killian, était encore à la maison. Mais aujourd'hui, le benjamin de la fratrie boucle, sous les yeux de ses parents, sa quatrième année de basketteur NCAA avec Gonzaga, équipe n°1 du pays, en rêvant d'un avenir NBA. Pour l'heure, le contrat avec les dirigeants japonais n'est pas encore signé, conséquence indirecte de la crise sanitaire. Laurent Tillie à son arrivée à la tête des Bleus en 2012 « L'équipe de France n'appartient ni aux joueurs ni aux entraîneurs » Mais son choix de déterminer lui-même le moment de sa sortie en sélection épouse l'idée qu'il s'en est toujours faite, lui qui n'avait pas hésité à sortir de sa retraite internationale en 1995, pour disputer une improbable qualification européenne avec les Bleus en Roumanie. « L'équipe de France n'appartient à personne, ni aux joueurs ni aux entraîneurs, disait-il à son arrivée en poste en juillet 2012. Je ne veux surtout pas faire le mandat de trop, ni rester pour rester. Je ne me vois pas faire douze ans, comme Philippe (Blain, son prédécesseur), car je risque de lasser les joueurs. » Il les a parfois saoulés mais jamais jusqu'à la rupture. « On connaît Laurent, on lui doit beaucoup de choses. Pas beaucoup de coaches auraient pu nous gérer aussi bien sur la durée », répète souvent Earvin Ngapeth, le leader d'une génération brillante qu'il a menée tout en haut avec une main de fer dans un gant de velours. À son arrivée sur le banc, il y a huit ans, le spectacle était désolant : la France était éliminée de toutes les compétitions internationales. Laurent Tillie l'a qualifiée pour toutes les suivantes, sans exception. Et ramené cinq médailles, dont les premières en or de l'histoire du volley français, l'Euro 2015 et les Ligues mondiales 2015 et 2017. Une réussite inédite assortie de deux qualifications aux JO d'affilée (2016, 2020). Il ne manque qu'une médaille olympique.

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