Volley - LDC (H) - TVB - Seul club français engagé en Ligue des champions, Tours doit briller par sa présence

L'Equipe.fr
L’Equipe

Seul représentant tricolore, Tours attaque sa quinzième saison en Ligue des champions. Même sans grande chance de l'emporter, la disputer reste séduisant.Dur dur, pour un club français, de jouer la Ligue des champions. Vous êtes seul (*), les déplacements peuvent coûter très cher (mention spéciale à la lointaine Russie, épouvantail des tirages au sort), et avec un budget deux ou trois fois inférieur aux grosses équipes, vous n'avez quasiment aucune chance de la gagner. Au palmarès, on ne trouve que Paris (2001) et Tours (2005), les Tourangeaux ayant échoué en finale en 2007. Ces dernières années, seul Chaumont est parvenu à s'extraire des poules (2018 et 2019).Nathan Wounembaina, capitaine de Tours : «La mayonnaise commence à prendre»Et sportivement, la plus prestigieuse des Coupes d'Europe peut être un piège. «C'est une débauche d'énergie pour réaliser des exploits, et ce n'est pas forcément payant», regrette Hubert Henno, le coach du TVB. Le risque ? Manquer de jus en fin de Championnat, sachant que seul le champion de France sera qualifié en C1. Rien d'alléchant en apparence... Pourtant, Tours a trouvé des raisons de se lancer dans sa quinzième campagne en vingt ans.Pour progresser face aux meilleursTours et la Ligue des champions, c'est «une longue et belle histoire, reconnaît Pascal Foussard, directeur général du club. Une aventure incroyable qui nous a fait grandir. Ça nous a permis de voir ce qui se faisait en Europe, de progresser énormément, et peut-être d'arriver là où on est actuellement.» Pour le club aux huit titres de champion de France, dix Coupes de France et deux Coupes d'Europe (avec la C2 en 2017) glanés en seize ans, l'accès à la C1 permet de disputer des matches de très haut niveau.«Jouer contre les meilleures équipes, les meilleurs joueurs du monde, dans la carrière d'un sportif, c'est une plus-value, remarque Hubert Henno. Quand tu affrontes des équipes plus fortes, c'est une manière de te montrer, te valoriser.» Il est aussi plus aisé de recruter des pointures avec la promesse de jouer la reine des compétitions européennes.Pour remplir la salle et séduire les partenairesL'un des meilleurs produits d'appel, pour le TVB, s'appelle Wilfredo Leon. Le réceptionneur-attaquant polonais d'origine cubaine foulera le parquet de la salle Robert-Grenon, le 11 décembre, pour la deuxième fois en deux saisons. S'il joue pour Pérouse, club italien demi-finaliste la saison passée, le meilleur joueur du monde représente une bonne chance de remplir une salle. Comme les internationaux français Kévin Tillie et Antoine Brizard lorsque Varsovie se rendra en Touraine. De quoi plaire aux sponsors. «Nos partenaires sont Coupe d'Europe addict, apprécie le président Yves Bouget. Ils ont une démarche entrepreneuriale, l'envie d'investir dans un club performant au plus haut niveau. Nos objectifs se rejoignent : ils sont nationaux, mais la vraie vitrine, c'est la Coupe d'Europe.»Pour rayonner dans toute l'EuropeÀ choisir, entre investir dans une campagne de communication ou soutenir un club de volley sillonnant l'Europe, les collectivités territoriales préféreraient la deuxième solution. Yves Bouget l'a bien compris : «En Italie, en Pologne ou en Allemagne, où il y a plus de licenciés qu'en France, quand je dis Tours, dans 50 % des cas, on me répond qu'on ne sait pas où c'est. Dans les 50 % restant, 30 % me parlent du vin, 30 % des châteaux, et 30 % du TVB. À travers la Coupe d'Europe, on a construit une image dynamique de la Touraine et donné une identité au territoire.»Un atout pour convaincre les collectivités de financer le club à hauteur de 40 % (sur 2,5 millions d'euros de budget). Voire d'amener le palais des sports à 6 000 places, indispensable pour se voir confier l'organisation des Super Finales. «Ça fait des années qu'on en rêve, poursuit Yves Bouget. C'est un projet à 2022, 2023.» D'ici là, le TVB n'a plus qu'à rester en Ligue des champions.(*) Le quota français, déterminé par un système de ranking, est passé de deux clubs à un cette saison. L'Italie, la Russie et la Pologne ont trois représentants en phase de poules, l'Allemagne, la Turquie et la Belgique deux, la Slovénie, le Portugal, la République tchèque, la Serbie et la France un seul.

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi