Volley - Ligue A - Paris - Jiri Novak : « Gagner des titres doit être le moteur » du Paris Volley

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La légende du Paris Volley, Jiri Novak (huit titres), dont le numéro 10 a été retiré à l'occasion de sa visite samedi lors de la victoire contre Sète (3-1), se dit à fond derrière le nouveau projet lancé par le club de la capitale.Sur quelques points marqués par le Paris Volley, les enceintes de la salle Pierre-Charpy crachent le thème musical du film Retour vers le futur. Un slogan bien en phase avec la renaissance dont rêve le club de la capitale après avoir été sauvé des eaux par de nouveaux investisseurs - Stéphane Antiga, Glenn Hoag, Wilfredo Leon notamment - et être passé par la case Ligue B. Mais, s'il n'y avait pas de Delorean - la voiture servant de véhicule temporel dans le film de Robert Zemeckis - en vue, samedi lors du succès contre Sète (3-1), une légende en tribunes permettait bien à l'assistance de remonter le temps.Jiri Novak avait été invité pour être honoré par son ancienne équipe (de 1999 à 2012). À cette occasion, le numéro 10 du Tchèque de 45 ans, aujourd'hui coach de Karlovy Vary, leader de son Championnat national, a été retiré. L'octuple champion de France (record qui tient toujours, co-détenu par Laurent Tillie) et vainqueur de la ligue des champions, compétiteur forcené qui n'a pas perdu une seule de ses onze finales disputées avec Paris, a pris un moment pour partager son émotion.« Vous n'êtes pas souvent revenu par ici... Comment trouvez-vous la salle Charpy ?Ça n'a pas vraiment changé. C'est la même salle, même s'ils ont bien modernisé l'habillage, l'accueil, et ces choses-là. C'est le sport d'aujourd'hui. Mais j'y ai retrouvé tous mes repères. Quand j'avais terminé ma carrière en 2012, j'avais 37 ans. J'étais resté quelques mois ici pour voir si on me rappelait, et cela ne s'est jamais fait.Comment votre venue s'est-elle organisée ?Georges Matijasevic (agent de joueurs) m'a contacté, il m'a dit qu'on voulait faire quelque chose en mon honneur. C'était dur à caler car mon équipe jouait souvent en même temps. Là, on avait un match décalé, donc c'était le moment. Il y aura une cérémonie, mais il ne faut pas s'attendre à ce que je fasse un service smashé flottant avec mes bottines et mon costard (il rit) ! En tout cas, quelle que soit ma participation, j'espère qu'elle pourra booster les joueurs, même seulement psychologiquement. Si je peux donner un coup de main, je serai heureux. Le club vit un nouveau départ. J'espère qu'ils vont se stabiliser cette année et repartir sur de nouvelles bases plus conformes à leur histoire.Cela vous a fait quoi de voir ce club aux dix-huit couronnes se retrouver en Ligue B la saison passée ?J'ai suivi ça de loin. Je savais ce qu'il se passait, mais sachant que tu ne peux rien y changer, c'est compliqué de savoir quoi faire. Alors, j'ai été ravi de voir que des gens avaient envie de donner un coup de main pour sauver ce club, ce qu'il représente.Avez-vous envisagé de participer au tour de table, de devenir actionnaire avec votre ancien coéquipier Stéphane Antiga, votre ancien coach Glenn Hoag ?Georges Matijasevic m'en a parlé quand ça s'est monté. Stéphane et tous ceux qui ont investi leur énergie et leur argent pour sauver le club, c'est super. Mais de mon côté, c'était compliqué. J'avais l'envie, mais j'étais trop loin, avec déjà plein de choses à gérer dans ma vie professionnelle. Cela me gênait de m'investir en sachant que je n'aurais pas le temps de venir plus souvent, d'être vraiment impliqué. Ce n'était pas encore le moment.Ce moment pourrait-il arriver un jour ?On verra, on ne sait jamais.Vous avez marqué l'histoire de ce club, qui a retiré votre numéro 10 et vous placera en bonne place dans son Hall of Fame...Quand j'étais sur le terrain, je ne pensais pas à ça. Je ne pensais qu'à un seul truc, gagner. Le plus de matches, le plus de titres possible. La victoire, les trophées, c'était mon moteur. Ça doit être le moteur du club. Après, j'ai eu la chance de venir ici, de vivre tout ça. Dans une autre équipe, peut-être que tout aurait été radicalement différent. Ça restera le truc le plus marquant de ma vie sportive. Quand j'étais arrivé, beaucoup avaient des doutes sur ma capacité à réussir. Mais comme j'étais un bagarreur et que je ne supportais pas l'idée de perdre, j'ai réussi. Je suis toujours resté ici parce que j'étais bien. Je n'étais pas quelqu'un qui regardait à droite ou à gauche pour gagner un peu plus d'argent. Je regardais la balle, je regardais l'adversaire, et je regardais la victoire.D'où vous vient ce caractère compétiteur ?Je pense que mon tempérament vient en grande partie de l'histoire difficile de mon pays. Quand les gens sont sortis dans les rues pour chasser le régime communiste (la Révolution de Velours, à la fin de l'année 1989), j'avais quinze ans. J'avais été éduqué dans ce contexte compliqué où ta vie dépend de quelqu'un d'autre. On n'avait pas grand-chose, et on pouvait faire peu de choses librement. Un jour, j'ai eu la possibilité de partir à l'étranger. Ça a été ma porte de sortie. Mes parents, eux, étaient obligés de rester.Vous débarquez à Paris, et d'emblée vous signez deux triplés - Coupe des Coupes, Championnat, Coupe en 2000, Ligue des champions, Coupe, Championnat en 2001...C'était un truc de fou, inimaginable, pour quelqu'un qui débarquait sans certitudes. La ligue des champions en 2001, on a eu l'impression que c'était la première fois que les gens sur Paris ont su qu'il y avait du volley, pas que du foot et du rugby. On avait mis 4 000 spectateurs dans la halle Carpentier. Il y avait un truc dans cette équipe. Je suis arrivé juste après la fusion du PSG et du PUC (en 1998). Je ne peux pas dire comment c'était avant, mais on a créé quelque chose. On a fait de la victoire notre ADN. Tout le monde avait peur de cette équipe, la respectait. J'espère avoir réussi à donner un coup de main pour créer l'histoire de club.Entretenez-vous des liens avec la sélection de votre pays ?(Il sourit.) On va voir... Ils cherchent un nouvel entraîneur. On verra. »

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