Volley - Ligues A - La décision du maintien des matches en novembre ne fait pas l'unanimité

L'Equipe.fr
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Alors que les présidents de Ligue A masculine prônaient la suspension du Championnat pendant le confinement de novembre, le comité directeur de la Ligue Nationale (LNV) a opté pour un report de la prochaine journée seulement chez les hommes et les femmes. Les réactions des différents dirigeants sont contrastées. Yves Bouget (Tours, Ligue A masculine) : « J'ai beau relire le communiqué, je ne comprends toujours pas ce qu'on va faire. Les présidents de la Ligue A avaient pris une décision sage et raisonnable, celle de vouloir arrêter de jouer entre le 2 novembre et le 1er décembre, de reporter provisoirement. Nous avons considéré qu'avec les matches déjà reportés, et ceux à venir puisqu'il y a des cas et qu'il faut respecter le confinement, c'était raisonnable. D'autant que nous proposons de reporter ces matches dans une fenêtre disponible qui va du 26 décembre au 17 janvier. Quand la ministre dit qu'on s'est plaint de ne pas pouvoir jouer, elle ment. On a toujours dit qu'on ne voulait pas jouer à huis clos. À titre personnel, si je dois jouer cinq matches à huis clos, je dépose le bilan ! Je perds soixante à cent mille euros par match dans ce cas. On comprend qu'il y a des décisions gouvernementales à plusieurs vitesses et que le gouvernement ne veut pas indemniser les ligues - foot et rugby notamment - si les matches ne se jouent pas et ne sont pas diffusés. Il veut faire respecter les contrats. » lire aussi L'élite du volley veut continuer à jouer Daniel Braun (Mulhouse, Ligue A féminine) : « Du côté de la Ligue féminine, nous sommes dans une position d'attente d'informations, de savoir quelles seront les aides du gouvernement. Il n'y a rien de concret aujourd'hui, rien de plus que ce qui est écrit sur les sites des différents ministères. Aujourd'hui nous sommes en capacité de jouer à huis clos, mais si on le fait, il faut une compensation, une aide, un accès au fonds de solidarité. À mon avis, la décision de la Ligue divise car les trois Championnats (Ligue A masculine, féminine et Ligue B) fonctionnent différemment. La Ligue B est un championnat réduit (9 équipes), la Ligue A masculine veut sauver les play-offs alors qu'en ligue féminine nous avons décidé de ne pas les maintenir. Nous avons aussi peut-être plus de marge pour reprogrammer des matches, huit ou neuf semaines disponibles, et nous sommes moins dépendants sur le secteur privé que ne le sont les masculins. J'étais favorable à une suspension jusqu'à la fin du confinement mais si celui-ci devait aller au-delà du 1er décembre ? Donc nous attendons la position du gouvernement, ses aides et de savoir comment celles-ci seraient calculées. » Bruno Soirfeck (Chaumont, Ligue A masculine) : « Appelez ça comme vous voulez, mois blanc, suspension, report... Je militais pour une pause. Il a été décidé une option à tiroirs, d'être dans l'attente et de ne pas se positionner sur la fenêtre de tir de décembre-janvier. Notre objectif, en Ligue A masculine, c'est de maintenir les play-offs si possible. Les positions diffèrent selon le fonctionnement économique des clubs. Ceux qui sont soutenus pour 90 % par des subventions publiques sont moins exposés. Les manques à gagner ne sont pas les mêmes. Nous avons les solutions pour nous adapter. Validez-nous décembre-janvier, maintenons les play-offs. On a annulé la Coupe de France. Il faut aussi prendre en compte la réalité virale. La dernière journée, c'est 60 % de matches reportés. Le sanitaire nous rattrape. Aujourd'hui, la vision du président de la Ligue n'est pas celle des présidents de Ligue A masculine. Quand le communiqué parle de décision prise à l'unanimité, c'est un mensonge. À côté de cela, militons pour des compensations, des aides. Ce qui a été décidé n'est pas ce qu'on veut. » lire aussi Un premier cas de coronavirus à Chaumont Claude Berrard (Poitiers, Ligue A masculine) : « Certains voulaient arrêter jusqu'au 1er décembre, pour la survie des clubs, d'autres ne veulent pas jouer à huis clos. L'autre problème, c'est comment on se déplace ? Il y a peu d'hôtels, et ils n'ont pas le droit de servir à manger. Je ne vois pas mes joueurs aller au McDo pour la collation d'avant match... » Agostino Pesce (RC Cannes, Ligue A féminine) : « On continue à jouer, sauf le week-end prochain. Il y avait beaucoup de cas de Covid, d'avions supprimés... Mais on a la volonté de se préparer pour la journée suivante. »