Volley - Lucille Gicquel, une Française chez les reines du monde

L'Equipe.fr

Du haut de son 1,89m, la jeune Lucille Gicquel fait sa place dans le meilleur club du monde, Conegliano, en Italie. Un exemple à suivre pour le volley français féminin. Gicquel est la cinquième Française à évoluer en Serie A, le Championnat le plus relevé au monde. « Mais ça commence à bouger depuis deux-trois ans. Nous sommes mieux reconnues par les grands clubs, les filles partent à l'étranger », explique Lucille Gicquel. Juliette Fidon, Julie Oliveira Souza et Alexandra Dascalu jouent en Pologne, d'autres en Espagne. « Cela va aider l'équipe de France à progresser, avec l'objectif de Paris 2024. » À 22 ans, la Bretonne est le plus grand espoir des Bleues. À peine arrivée à Conegliano Imoco, le club champion d'Italie et du monde des clubs en 2019, la voilà nantie d'un premier titre, la Supercoupe, décrochée en septembre. Gicquel, qui évolue au poste de « pointue » (l'attaquante principale), est la doublure de la star italienne Paola Egonu, mais elle a saisi sa chance et obtenu du temps de jeu en finale. « Je suis là pour apprendre. Paola a une technique incroyable et le niveau de notre équipe est très haut. » « Ma force, c'est l'attaque, c'est mon saut. Je suis quelqu'un d'aérien et d'explosif », confie-t-elle du haut de son 1,89m. Mais en Italie, elle va devoir muscler sa technique, trouver plus d'angles et de hauteur de frappe. « Les défenses sont impressionnantes. C'est plus difficile de mettre son point. On joue aussi plus rapidement qu'en France », décrypte l'ancienne joueuse du VB Nantes (2018-2020) et du RC Cannes (2015-2018). Chez les Gicquel, il y a de la détente dans l'air. Son père, Jean-Charles (qui mesure 2m), détient toujours le record de France de saut en hauteur en salle (2,35m en 1994). Sa mère Anne (1,80m) fut une touche-à-tout douée et joua au volley. Sa soeur, Solène (25 ans), a été sacrée en septembre championne de France de saut en hauteur. Et son frère Clément (26 ans) fut vice-champion de France de la discipline en 2017. Née à Rennes, « Lulu », comme on l'appelle, a commencé le volley à 12 ans. Depuis, elle garde le sourire. « Je suis quelqu'un de positif, qui a la joie de vivre. Mais je sais aussi ce que je veux et où je vais. Je fais mon chemin tranquille. » Elle a signé avec Conegliano un contrat d'un an plus un second en option pour « avoir une porte de sortie au cas où... » Sa carrière à l'étranger n'en est qu'à ses débuts. L'eldorado italien Pour les Françaises, l'Italie ressemble à un inaccessible eldorado. Alors que les Bleus ont fait de la Serie A leur terrain de jeu depuis quinze ans, seules quatre joueuses ont réussi à s'imposer dans la Botte jusqu'à présent. La plus emblématique s'appelle évidemment Brigitte Lesage. Au milieu des années 80, avec le grand Ravenne, la réceptionneuse-attaquante a disputé quatre fois de suite la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions (une victoire, en 1988), aligné quatre couronnes nationales et levé une Coppa (1987). Dix ans plus tard, la passeuse Karine Salinas à Modène (1999-2001) et la centrale d'origine polonaise Kinga Maculewicz (de 1999 à 2007 entre Spezzano, Forli et Pesaro) ont également effectué un passage remarqué. Tout comme Christina Bauer récemment. Entre 2010 et 2016, la centrale géante (1,96 m) a évolué à Busto Arsizio - club avec lequel elle a réussi le triplé C2-Italie-Coupe en 2012 - mais aussi Piacenza et Bolzano. Lucille Gicquel présente toutes les qualités pour être la prochaine sur la liste. G. De.