VTT - CM (H) - Descente - Loïc Bruni : « J'aurais aimé être prêt plus tôt »

L'Equipe.fr
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Auteur d'un phénoménal doublé Coupe du monde-Championnat du monde la saison dernière, Loïc Bruni termine cette fois 2020 avec une victoire et une deuxième place du général. Le Français de 26 ans, quadruple champion du monde, revient sur son année particulière, entre positivité et déception. « Vous terminez en beauté avec la victoire sur la dernière manche de la Coupe du monde, mais vous lâchez vos deux titres (Coupe du monde et Championnat du monde). Quel sentiment domine le lendemain de cette fin de saison ?
C'est pas une année remplie de titres, c'est clair. Je suis quand même déçu de ne pas garder mon titre mondial. Après la Coupe du monde, j'étais moins emballé qu'ils en fassent une car je trouvais ça nul de la part de l'UCI de faire une Coupe du monde sur deux courses (en réalité, sur deux étapes - Maribor en Slovénie et Lousã au Portugal - et quatre manches). C'est ma faute, je n'étais pas mentalement ouvert d'esprit, donc je n'ai pas roulé assez tôt comme il fallait. J'étais dans les cinq à chaque fois et je gagne des qualifications. Donc j'étais pas loin. Une Coupe du monde, ça se gagne en faisant ce que j'ai fait. Il y avait que quatre manches, c'est rien. Mais je n'ai simplement pas été le meilleur. lire aussi La saison 2020 en images Et ce général qui se joue à 10 points...
C'est rageant. C'est une place en qualifications, c'est rien du tout. Mais ça montre que j'étais là, ça me rassure pour la suite. L'an dernier, je gagne de 30 ou 40, ce qui est rageant aussi pour Amaury... Il faut relativiser. Je préfère gagner un général en 2019 sur une saison complète, huit pistes, avec tous mes adversaires, que gagner cette année. Mais c'est le sport, il faut accepter la défaite pour construire une réponse l'année prochaine. Le bilan est pas dégueu, donc je suis content. Surtout, il y a cette victoire sur la dernière manche au Portugal. À voir votre joie à l'arrivée, on sent que c'est presque comme une libération ?
Clairement ! J'étais pas vraiment en confiance toute la saison. Je m'amusais mais je n'avais pas vraiment l'esprit qui pouvait faire la différence. J'avais l'impression que je ne pouvais pas vraiment, mais je le voulais quand même, donc ça a fini par payer, même si c'était laborieux. Quand je roulais, je savais que je manquais d'engagement, d'agressivité... C'était assez dur. C'était un beau challenge mentalement, que j'ai plus ou moins réussi à surmonter à la fin, donc il faut être positif, ça va me motiver pour l'année prochaine. Loïc Bruni « Je préfère gagner un général en 2019 sur une saison complète que gagner cette année. Les Championnats du monde où vous perdez votre maillot arc-en-ciel, ça se joue aussi votre ordre de passage, avec toute cette boue...
Oui et non. J'ai aussi eu un problème de frein, donc je ne pouvais plus rouler normalement. Dans la tête, j'étais pas forcément le meilleur. À Lousã, j'étais plus en confiance, plus dans un état d'esprit d'un mec qui roulait pour gagner qu'à Leogang. La météo... ça m'a un peu usé, mais c'est pas le fait d'être parti en dernier qui a surtout joué. On savait que ça allait être comme ça, surtout que c'était pire que ce qu'on pensait, avec la neige en plus... On n'était pas prêts pour ça.

Avant les Championnats du monde, vous nous disiez détester les conditions hivernales. Vous n'avez pas changé d'avis je suppose ?
(Rires). Pas du tout, je confirme que c'est bien de la merde (sic). Quand tu es gelé, tu as froid, tu dois tout laver à la fin... Par contre, ça m'a prouvé que je pouvais quand même être bon, même avec de la boue. Le nombre de fois où j'ai perdu une course d'avance parce que j'étais à un départ où il faisait froid et j'étais trempé... je ne referai plus la même erreur. voir aussi Vidéo : les runs victorieux des Français au Portugal Cette saison s'est jouée au mental ?
La motivation était là, mais moins par rapport aux autres : Loris (Vergier, 2 victoires), les jeunes qui montent, un (Greg) Minnaar (38 ans et vainqueur de sa 22e étape à Lousã) qui est sur ses dernières années. Et ça se joue à un dixième de seconde, à l'engagement, à un coup de pédale, au coup de frein pour assurer ou pour essayer d'aller gagner... C'est ma faute. J'aurais aimé faire les choses différemment. Maintenant que la saison est lancée, c'est déjà fini. J'aurais aimé être prêt plus tôt. Votre pote Loris Vergier, vainqueur des deux premières étapes et leader de la Coupe du monde à mi-saison, vous a surpris cette année ?
Oui et non. Je savais qu'il était très fort cette année. Il a passé un petit cap, surtout en régularité. La première à Maribor, on avait l'impression que c'était facile pour lui de rouler vite. Sa crevaison (lors de la première manche à Lousã), c'est pas une erreur de sa part car presque tout le monde a crevé à cet endroit-là durant le week-end. Il n'a pas eu de chance. C'est triste car il avait construit une avance confortable à Maribor, il l'avait mérité et tout est parti en fumée. Ça a du tout remettre en question dans sa tête, ça devait être dur de rester confiant et s'en remettre. Et on peut le comprendre. Mais ça va lui servir pour la suite. »