VTT descente - Myriam Nicole : « Gagner la Coupe du monde reste mon deuxième objectif »

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Couronnée ce dimanche lors des Mondiaux de VTT descente 2021 à Val di Sole, en Italie, la vététiste française Myriam Nicole est revenue sur sa victoire, ses années Covid et ses prochains objectifs. « Comment vivez-vous cette superbe victoire remportée il y a quelques jours, aux Mondiaux 2021 à Val di Sole, en Italie ?
Ce nouveau titre mondial, c'est une belle consécration. Lorsque j'ai remporté mon premier titre de Championne du monde, en 2019, j'avais zéro pression, car je revenais tout juste d'une blessure et que je n'avais pas fait une seule course avant. Alors que là, j'étais attendue au tournant. Je savais au fond de moi que remporter ce titre allait être difficile mais faisable. Ce sport est très technique et physique, et il y a aussi une énorme part de mental pour arriver à se relâcher et à performer. Dans quel état d'esprit avez-vous entrepris cette course finale ?
Le matin, juste avant le run final, j'ai fait deux descentes où je n'arrivais pas à me relâcher. Je suis tombée dans le même virage où j'étais déjà tombée avant de gagner ma première Coupe du monde. Du coup, je me suis dit : « Bon, comment est-ce que je dois le prendre ? Je suis tombée au même endroit, il y a dix ans, c'est peut-être un signe ! » (rires). Mais je suis vite remontée sur le vélo et j'ai gardé ma concentration jusqu'à la finale. Il n'y a que quand je réalise un run de course, que j'arrive vraiment à me libérer. Pendant la course finale, j'ai réussi mon plan qui était de me concentrer sur la trajectoire, de monter en puissance et de reproduire ce que j'ai fait toute la semaine sur la piste.

Quels sentiments vous traversent à l'arrivée, lorsque vous comprenez que la victoire est là ?
À l'arrivée, il y avait toutes les filles, l'équipe, mes proches... Ça m'a fait chaud au coeur. C'était beaucoup de joie et des larmes d'émotion. J'avais aussi le sentiment de confirmer enfin mon travail et d'achever quelque chose de difficile, après beaucoup de moments de galères. Comme tout athlète, il y a des hauts et des bas, et cette victoire, c'était beaucoup de bonheur. Aujourd'hui, je redescends petit à petit de mon nuage et gagner la Coupe du monde reste mon deuxième objectif.

Les deux dernières années n'ont pas été faciles (Covid, blessure en 2019...). Comment avez-vous gardé le mental pour continuer à travailler ?
J'ai été bien entourée pendant le Covid. De plus, j'ai la chance d'habiter à la campagne dans le Sud, où j'ai ma propre salle de sport dans mon garage. Même si c'était difficile de ne pas avoir de grosses compétitions, j'ai pu aussi mettre à profit ce temps pour rattraper tous les points faibles physiques qui m'ont fait défaut ces dernières années. À quoi ressemble une semaine d'entraînement typique pour vous ?
Il y a vraiment deux types de semaines. Celles où je suis à la maison, dans le Sud, où je réalise tous les jours de la préparation physique (séances de musculation, vélo de route, enduro, moto...) et celles où je suis avec mon équipe, où on fait trois jours de descente, un jour de repos et trois jours de descente à nouveau. Ce sont des moments très intenses, qui demandent de la concentration. On travaille aussi la technique et on réalise des tests pour avoir les meilleurs produits, afin d'arriver sur les courses de la meilleure façon et avec des réglages adaptés. « J'ai aussi la chance d'avoir une équipe au top, qui me connaît de plus en plus et avec qui je fais du super boulot. » Depuis le début de saison, vous cartonnez sur toutes les compétitions. Comment avez-vous fait pour revenir si forte ?
Depuis 2018, où j'ai été diplômée en kiné, j'ai commencé à travailler avec un nouvel entraîneur : Nicolas Arschoot (également entraîneur du groupe olympique du BMX français). On a attaqué un vrai travail de fond, où j'ai beaucoup progressé physiquement. Dans mes anciennes courses, j'ai souvent été limitée dans mon élan à cause de blessures, mais là, je me suis beaucoup construit pour arriver à une forme optimale. lire aussi Myriam Nicole sacrée championne du monde de VTT descente, Marine Cabirou 2e J'ai aussi la chance d'avoir une équipe au top (préparateur physique et mental, mécanicien, manageur...), qui me connaît de plus en plus et avec qui je fais du super boulot. À partir du mois de décembre, on se retrouvait tous les mois dix jours pour préparer les courses. Donc, ma progression s'est vraiment faite en peaufinant mon entourage et en travaillant avec les meilleures personnes pour atteindre mes objectifs. « Je ne vais pas me reposer sur mes lauriers, il y a beaucoup de boulot et rien n'est encore gagné. » À présent, quel est l'objectif pour la suite de la saison ?
Dire que je ne veux pas aller chercher le grand titre final au classement général serait me voiler la face. Mon objectif, c'est de donner le meilleur de moi-même durant cette étape en Suisse et celles aux États-Unis, puis on fera les comptes à la fin. Au même titre que d'être Championne du monde, pouvoir gagner la Coupe du monde serait vraiment extra. Mais je ne vais pas me reposer sur mes lauriers, il y a beaucoup de boulot et rien n'est encore gagné. Le fameux Graal d'un doublé Mondiaux/Coupe du monde : c'est un rêve pour vous ?
Oui, clairement. Lorsque je fais le point avec mes coachs et que l'on me demande de choisir entre l'un ou l'autre, moi je réponds que je veux tout gagner, point barre (rires) ! Ce sera difficile, mais ça reste l'objectif ultime et le rêve de chacun et chacune. » lire aussi Toute l'actu VTT

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