La wild-card de 2014, avec De Puniet, avait inquiété Suzuki

Lewis Duncan
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David Brivio, le patron de l'équipe Suzuki, a admis que la marque était "très inquiète" avant son retour à temps plein en MotoGP à la suite d'un Grand Prix de Valence plus que compliqué, disputé fin 2014 avec une wild-card.

Quatre ans après avoir quitté le MotoGP en raison de problèmes financiers, le constructeur avait profité de la révision majeure du règlement pour relancer un programme en 2015, participant au renfort des effectifs du championnat. Après plusieurs mois d'essais, Suzuki a aligné la GSX-RR pour une première course au Grand Prix de Valence 2014, le dernier de la saison, avec aux commandes le pilote d'essais . Le week-end a toutefois tourné au cauchemar, avec deux moteurs cassés en essais et une course qu'il n'a finalement pas pu terminer à cause d'un souci sur une troisième unité.

Même si les inquiétudes avaient persisté pendant l'hiver lorsque d'autres avaries moteur s'étaient produits lors du test de Sepang, Suzuki avait finalement réussi à surmonter le problème pour son retour à plein temps en 2015. Six saisons plus tard, la GSX-RR est devenue une machine enviée par la concurrence et elle vient de remporter deux titres, celui des pilotes et celui des équipes.

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Lorsque Motorsport.com lui a rappelé cette wild-card de 2014 au moment où a ramené à Suzuki un premier titre en 20 ans, Davide Brivio s'est replongé dans un souvenir douloureux. "Ça avait été très difficile", a-t-il admis. "Nous nous étions engagés sur la dernière course de 2014 avec Randy de Puniet en tant que wild-card et je me souviens que nous avions eu un problème sur les moteurs. Nous avions découvert plus tard pendant l'hiver que nous avions en gros un problème électronique qui causait une casse moteur."

"En tant que wild-card, vous êtes autorisé à avoir trois moteurs, or le dimanche matin il ne nous en restait plus qu'un. Il y avait donc un quatrième moteur sur la moto de secours, ce qui nous aurait obligés à partir de la pitlane [si nous avions dû l'utiliser]. Et puis nous avions fait la course comme ça. Nous étions très inquiets pendant l'hiver, parce que quand nous sommes allés à Sepang pour le premier test en janvier, nous avons encore cassé un moteur. Les débuts ont donc été très, très difficiles et je me disais : 'Où allons-nous ? Comment pouvons-nous faire ?' Mais les ingénieurs ont été très bons, ils ont trouvé le problème et l'ont résolu. Ensuite, je dirais que la fiabilité a été assez bonne pendant toutes ces années."

Six ans d'efforts pour un anniversaire réussi

Le titre conquis par Joan Mir en 2020, 20 ans après celui de Kenny Roberts Jr, coïncide avec le 100e anniversaire de Suzuki en tant qu'entreprise et le 60e anniversaire de son engagement en compétition. Un hasard de dates qui a laissé Davide Brivio stupéfait.

"C'est quelque chose d'historique", admet le responsable italien, qui n'aurait pu rêver si belle réussite pour cette année particulière. "Nous avons fait quelque chose de formidable. Même si j'étais réalisateur et que je pensais à un scénario pour un film, je ne penserais pas à quelque chose d'aussi bien, gagner le titre mondial à l'occasion du 100e anniversaire, et dans une année également difficile. Nous avons en tout cas réalisé quelque chose d'historique en 100 ans de société et 60 ans de course. On ne pouvait pas imaginer mieux que ça."

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"Je suis heureux pour nous tous, pour les personnes impliquées, parce que nous avons entamé ce projet il y a quelques années en partant de zéro et ensuite nous avons été rejoints par tous les mécaniciens, les ingénieurs, des personnes très passionnées, très motivées, des personnes qui pour la plupart n'avaient jamais gagné auparavant. Ils avaient donc la motivation pour essayer. Et puis il y a surtout eu les pilotes. Joan a été incroyable. Je pense que nous avons face à nous quelqu'un de spécial avec Joan. Álex [Rins] a lui aussi fait un travail incroyable. Si l'on considère qu'il a été blessé et qu'il a fait quelques erreurs, il aurait pu être là lui aussi."