Wimbledon devrait mettre fin à son interdiction de participer des joueurs russes et biélorusses

Wimbledon vers un retour à la normale. (P. Lahalle/L'Équipe)

Les joueurs russes et biélorusses devraient être autorisés à disputer Wimbledon cette année. Les pressions exercées par l'ATP et la WTA ont fini par faire plier la Fédération britannique.

L'annonce devrait être officialisée dans les prochaines semaines, mais il semble acquis qui Wimbledon va de nouveau autoriser les joueurs et joueuses russes et biélorusses à disputer le Grand Chelem sur gazon cette année. Pour mémoire, ces derniers avaient été privés de Wimbledon (et des tournois se déroulant sur le sol britannique) à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Wimbledon avait d'ailleurs été le seul tournoi à prendre une décision si radicale, les autres Grands Chelems se contentant, comme le reste du circuit, de supprimer les bannières russes et biélorusses, et d'interdire tout signe de soutien à la politique de Vladimir Poutine. Selon le Daily Mail, la levée de leur interdiction de participation serait accompagnée des mêmes restrictions imposées par les trois autres Majeurs.

Une décision financière plus qu'idéologiqueCette volte-face semble cependant difficile à justifier pour Wimbledon ou la Lawn Tennis Association (LTA), la Fédération britannique de tennis, d'un point de vue strictement idéologique. En effet, la situation est toujours la même qu'il y a un an, si ce n'est pire, entre l'Ukraine et la Russie. S'il faut trouver une raison à ce revirement, il faut plutôt chercher du côté de l'ATP et de la WTA qui ont exercé de fortes pressions sur Wimbledon et ses organisateurs.

On se rappelle notamment que l'an dernier, aucune des deux organisations n'a accordé de points aux participants de Wimbledon. La LTA avait également dû s'acquitter d'une amende de 1,5 million de livres sterling et la menace de lui retirer sa licence pour l'organisation de tournois tels que le Queen's ou Eastbourne se faisait de plus en plus pressante. Une menace à hauteur de 20 millions de livres, tout de même.

Wimbledon aurait cependant tenté de conserver la face en élaborant une charte de bonne conduite pour les Russes et les Biélorusses. S'il n'est plus question qu'ils fassent une déclaration publique d'opposition à la guerre, comme l'avait proposé l'an dernier Nigel Huddleston, alors ministre des Sports, ils joueront sans bannière et pourraient devoir signer cette fameuse charte avant le tournoi.

Le gouvernement britannique favorable à la levée de l'interdictionSi les détails de cette charte seront probablement connus lorsque l'annonce de Wimbledon sera officielle, on peut imaginer qu'elle interdira tout soutien explicite à la Russie, à l'image de ce qui avait été mis en place lors de l'Open d'Australie. Reste à savoir si le public sera également concerné. À Melbourne, quatre supporters avaient été expulsés car agitant des drapeaux russes dans les gradins.

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Si le boycott des joueurs russes par Wimbledon avait été la résultante d'un avis majoritaire au sein du gouvernement britannique (mais ce dernier n'avait pas obligé le tournoi à prendre sa décision), sa levée est encouragée par le gouvernement. Ce dernier a indiqué qu'il ne bloquera pas les demandes de visa des joueurs russes et qu'il n'exigeait pas un renouvellement de l'interdiction de l'an dernier. Surtout, la réintégration des Russes et Biélorusses sous-entend le retour des points ATP et WTA à Wimbledon.