Wolff : Le crash de Russell, moment clé de son apprentissage

Benjamin Vinel
·3 min de lecture

Il n'y a plus que trois pilotes, dans l'Histoire de la Formule 1, qui n'ont marqué aucun point de toute leur carrière en disputant davantage de courses que . Le pilote Williams avait pourtant une belle opportunité d'ouvrir son compteur au Grand Prix d'Émilie-Romagne où, après s'être qualifié à une remarquable 13e place, il a notamment profité des abandons de Pierre Gasly et de Max Verstappen pour se hisser au dixième rang au 51e tour de course. Précisément le moment où, derrière la voiture de sécurité intervenue pour évacuer la Red Bull, il a perdu le contrôle à l'approche d'Acque Minerali, percutant le mur.

Toto Wolff, Directeur Exécutif, Mercedes AMG

Toto Wolff, Directeur Exécutif, Mercedes AMG<span class="copyright">Steve Etherington / Motorsport Images</span>
Toto Wolff, Directeur Exécutif, Mercedes AMGSteve Etherington / Motorsport Images

Steve Etherington / Motorsport Images

Russell a également reçu le soutien de , qui connaît bien cette situation pour avoir eu un accident sous Safety Car à Bakou en 2018, alors qu'il était sixième. "Je sais ce que ça fait", a dit Grosjean à son cadet sur les réseaux sociaux. "Il faudra du temps pour l'oublier, mais ce que tu fais est génial. Continue d'attaquer."

Cette compassion n'efface évidemment pas la peine ressentie par Russell, qui demeure invaincu par ses coéquipiers en qualifications depuis le début de sa carrière en Formule 1 mais n'a toujours pas concrétisé par une arrivée dans le top 10 en course.

"J'attaquais comme un fou du départ à l'arrivée, et sous Safety Car, je donnais absolument tout pour maintenir les pneus dans la fenêtre, et j'essayais vraiment de trouver la limite", relate le Britannique. "Je n'ai absolument aucune excuse. Je suis passé sur une petite bosse en changeant de rapport et j'étais dans le mur avant de pouvoir faire quelque chose. Il y a vraiment de quoi être dégoûté."

"C'est probablement la plus grosse erreur de ma carrière. Je m'en veux encore plus parce qu'en formules de promotion, si je faisais une telle erreur et, disons, perdais une victoire, je savais que je serais à nouveau dans cette position lors de la course suivante", poursuit celui qui a été sacré coup sur coup en GP3 et en F2.

"L'équipe a fait un travail incroyable ce week-end, et il y a beaucoup de positif à en tirer, d'avoir été dans cette position et d'y avoir été parce que nous étions très agressifs. Nous ne prenions aucune marge de sécurité. Malheureusement, c'est la raison pour laquelle nous sommes arrivés là et aussi la raison pour laquelle ça s'est fini ainsi."

La déception de Russell faisait peine à voir, le jeune Anglais s'étant assis dans l'herbe, dépité, après être sorti de son cockpit. "Je n'arrivais pas à y croire, en toute honnêteté. C'était une telle erreur d'amateur, je n'arrivais simplement pas à croire que ce soit arrivé. Je ressentais une pure frustration et irritation face à l'erreur que je venais de commettre. J'ai connu des temps difficiles dans ma carrière auparavant. Une erreur comme celle-ci est très étrange, car c'était vraiment une erreur de rookie."

"Nous avons beaucoup de raisons d'être positifs et satisfaits quant à ce week-end. Je nous ai trouvés incroyablement rapides, par rapport à d'habitude. Mais en fin de compte, j'ai certainement appris de cette expérience. Ces voitures sont brutales et peuvent certainement se retourner contre leur pilote à tout moment, surtout dans ces conditions froides sur des pneus très usés." Russell aura en tout cas une nouvelle opportunité de marquer le premier point de Williams en 2020 dans dix jours, au Grand Prix de Turquie.

Propos recueillis par Adam Cooper et Erwin Jaeggi