Wolff déplore "l'opportunisme et la manipulation" durant la crise

Basile Davoine
motorsport.com

Extrêmement discret depuis l'étrange week-end du Grand Prix d'Australie, qui fut un tournant dans la crise provoquée par le nouveau coronavirus, Toto Wolff a retrouvé une parole publique depuis que le déconfinement s'est amorcé dans les différents pays européens. Le directeur de l'écurie a notamment réagi à l'actualité chaude des transferts, qui s'est emballée la semaine dernière avec de premiers mouvements importants pour 2021, puis il a accepté les sollicitations des médias. Lors des semaines précédentes, et au plus fort de la pandémie de COVID-19 – qui n'est pas terminée pour autant –, l'Autrichien avait opté pour le silence. Ce malgré des sujets très débattus en coulisses, principalement autour des décisions cruciales à prendre pour assurer l'avenir économique de la F1 et de ses écuries.

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Tandis que les sujets ont rapidement été pris à bras le corps par les acteurs et les instances, certains directeurs d'équipe n'ont pas hésité à faire valoir publiquement leurs arguments et à exposer leurs divergences de point de vue en marge de discussions bien plus privées. Les exemples ne manquent pas, les points d'achoppement non plus et, s'il ne cite aucun nom, Toto Wolff n'a visiblement pas apprécié tout ce qu'il a lu ou entendu au cours de ces deux derniers mois.

"Je suis en Formule 1 depuis [l'actionnariat chez] Williams en 2009 et je n'ai jamais vu autant d'opportunisme et de manipulation", dénonce-t-il dans une interview accordée à ESPN. "Ce sont les aspects de la F1 que je remets en question, le sport en lui-même devient la toile de fond et non plus l'essentiel. J'ai beaucoup appris sur diverses personnes et, bien que je sache qu'il s'agit d'un environnement hautement politique et où tout le monde essaie de tirer profit, je dirais que ces six derniers mois ont constitué la période la plus politique que j'ai connue en Formule 1."

"Avant toute chose, dans un sens c'était bien car je n'avais pas besoin d'interagir avec certaines personnes. D'un autre côté, on voyait bien qu'il y avait des gens qui ressentaient le besoin de communiquer dans les médias", ajoute-t-il, pressé de voir la compétition reprendre et les seuls sujets politiques et économiques céder un peu de terrain à la question sportive.

Le début de saison est espéré pour début juillet et, malgré un protocole sanitaire qui sera drastique dans un paddock réduit à sa plus simple expression, Toto Wolff estime que cela permettra de revenir aux fondamentaux sportifs de la catégorie reine. "Au bout du compte, vous savez, tout cela est sans importance", conclut-il. "Si nous aimons ce sport, c'est parce que tout est lié à la performance. Une fois que le drapeau est agité, les conneries s'arrêtent. Et les conneries vont bientôt cesser, après quoi toutes ces interviews et toutes ces opinions vont devenir hors sujet."

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