Les X Games se lèvent à l'est

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Pour la première fois, le rendez-vous annuel des sports extrêmes se déroule au Japon. Les champions nippons, souvent très jeunes, dominent désormais ces disciplines.

Il est loin le temps où seuls les Américains raflaient quasi toutes les médailles aux X Games, ce show télévisé d'ESPN devenu un événement incontournable du milieu des sports dits « extrêmes ». Il suffit de jeter un coup d'oeil aux résultats des JO de Tokyo en skateboard pour comprendre que le clan nippon est en train de s'installer fermement. Sur quatre champions olympiques, trois sont japonais : Yuto Horigome, Momiji Nishiya et Sakura Yosozumi. Moins d'un an après, les voilà de retour chez eux pour la première édition des X Games à Chiba (ce week-end), dans l'impressionnant stade de baseball de 30 000 places. Dans toutes les disciplines (skateboard, BMX ou moto), les Japonais avancent désormais comme favoris.

À l'image de Kokona Hiraki, celle qui avait marqué l'édition 2019, avant même le projecteur olympique. À 10 ans et 341 jours, la native de Kutchan, dans le nord du pays, sur une planche depuis ses 5 ans, était devenue la plus jeune médaillée (d'argent) de l'histoire des X Games, pourtant connus pour mettre en avant des jeunes riders. Deux ans plus tard, en 2021, Hiraki s'offrait même l'argent aux JO de Tokyo, frôlant de 319 jours un nouveau record de précocité (détenu par la Danoise Inge Sörensen en bronze à 12 ans et 24 jours en 1936, en natation). Surnommée la « nosegrind master » pour sa facilité déconcertante à glisser sur les modules, elle fait partie de cette très jeune génération portée par l'arrivée du skateboard aux JO, bouleversant totalement le milieu du sport, mais également de ce raz de marée japonais, dont le niveau a explosé ces dernières années.

« Ils ont appliqué à ces sports d'action la mentalité japonaise concernant le travail, ils sont hyper stakhanovistes », explique Matthias Dandois, nonuple champion du monde de BMX flat. À 32 ans, le Français va vivre ses premiers X Games dans un pays qu'il connaît très bien, et n'est désormais plus forcément le grand favori sur le papier, devancé notamment par le Japonais Kio Hayakawa, 19 ans, nouvelle coqueluche du milieu. « Normalement, dans ces disciplines, tu commences avec tes potes pour t'amuser, poursuit-il. Et eux l'ont pris direct comme un sport de ultra-haut niveau, avec une charge de travail beaucoup plus élevée que les Américains et Européens. Et ça fait des machines de guerre. En BMX, les kids japonais ont réussi à inventer des tricks qui me semblent complètement impossibles. C'est comme un autre sport par rapport à il y a juste deux ans. Mais c'est cool, ça pousse tout le monde aussi. »

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