Yehvann Diouf, le « chat » a bien rebondi dans le but de Reims

Yehvann Diouf a réussi un de ses quatre « clean sheets » de la saison contre Lorient le 15 octobre (0-0). (S. Mantey/L'Équipe)

Intronisé gardien numéro 1 de Reims en septembre, Yehvann Diouf a su surmonter une bourde pour enchaîner les performances de haut niveau avant d'affronter Rennes ce jeudi.

Son destin a sans doute basculé du bon côté durant ces six jours fatidiques. Le 2 octobre, pour son deuxième match comme gardien numéro 1 de Reims, Yehvann Diouf commet une erreur au pied qui coûte un but à son équipe, à Troyes (2-2), son club formateur. Puis, le 8 octobre, il réussit une performance retentissante face au PSG (0-0), début d'une série de six belles prestations (quatre nuls, deux succès), avec quatre clean sheets et seulement deux buts encaissés.

lire aussi : Cajuste, Mbuku et Adeline indisponibles contre Rennes

Pendant ces six jours qui lui en ont paru quinze, le portier de 23 ans s'est (re) construit : « Cela a été très difficile sur le moment, mais le soutien de mes équipiers, en particulier du capitaine, Yunis (Abdelhamid), juste après, puis dans la semaine à l'entraînement, a été hyper important. La première nuit, je n'avais presque pas dormi ! »

Un profil completMais il a finalement assez peu gambergé. Comme quelques semaines plus tôt, fin août, quand son prêt, envisagé d'un commun accord avec le Stade de Reims, ne s'était pas concrétisé. « Mon premier enfant, un fils, est né le 1er septembre, ce qui m'a permis de ne pas ruminer », confie-t-il.

Ensuite, il a su saisir sa chance, comme Bernard Diomède, son sélectionneur des moins de 18 ans aux moins de 20 ans français (19 capes de mars 2017 à novembre 2019), l'en pensait « capable ». Grâce à « l'immense potentiel » de celui qui est surnommé le « chat », depuis son enfance, « capable d'aller chercher les ballons dans la lucarne avec élégance, très complet et habile des deux pieds », selon le profil établi par le champion du monde 1998.

Mike Maignan, son exemple à suivreDu propre aveu du natif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), un autre homme joue un rôle clé dans son éclosion : Nicolas Penneteau (41 ans). « Quand on l'a enrôlé comme troisième gardien à l'été 2021, on a dit à Yehvann que c'était surtout pour lui. Et "Nico" lui transmet au quotidien la culture du haut niveau », confirme Mathieu Lacour, le directeur général champenois.

Lucide, Diouf a conscience qu'il doit veiller « à ne pas vouloir trop bien faire dans les relances au pied » et qu'il a encore « une marge de progression dans le jeu aérien ». Mais avec pour modèles « "Gigi" Buffon, Manuel Neuer et surtout Mike Maignan, un exemple par ses qualités comme dans la gestion de sa carrière », il a bien défini son principal axe d'amélioration : « le leadership ».

lire aussi : Toute l'actu du Stade de Reims

Très apprécié pour sa grande gentillesse, il sait qu'il doit forcer sa nature, après avoir été la doublure de Predrag Rajkovic, puis du décevant Patrick Pentz, recruté l'été dernier : « Je suis souvent en retrait. Or, un gardien doit dégager quelque chose de spécial, quitte à parfois crier sur ses défenseurs. J'ai du chemin à accomplir sur ce plan. » Lacour estime néanmoins : « Il s'affirme de plus en plus. Il n'a pas peur. Maintenant, le cap qu'il doit franchir est celui de la régularité sur toute une saison... »

Reims semble prêt à lui offrir assez de visibilité pour y parvenir : il ne lui reste plus qu'une poignée de matches à jouer pour que son contrat soit automatiquement prolongé d'un an, jusqu'en 2025.