Zarco espère que la situation "peut tourner à son avantage"

Léna Buffa
motorsport.com

Si ses débuts en compétition avec la Ducati sont retardés, ne veut pas se laisser envahir par l'angoisse. Confiné chez lui comme tous les Français et contraint d'attendre un début de championnat dont la date n'est pas encore établie, il préfère voir en quoi cette situation inédite peut lui être profitable, alors qu'il a vécu ces derniers mois des événements déjà inhabituels et qui peuvent lui servir d'expérience.

"[C'est une] période étrange, mais je me dis que ça peut tourner à mon avantage", explique-t-il dans une interview accordée à Canal+. "Rester sans rouler ou devoir découvrir une moto et s'y adapter rapidement, je l'ai déjà vécu l'an dernier quand je suis monté sur la Honda en Australie. Clairement, je n'ai pas fait des étincelles en étant sur le podium, mais je n'étais pas dans la catégorie ridicule. J'étais dans la catégorie 'correct', acceptable, et ça a directement bien évolué en 15 jours. Et pareil, ensuite : le temps de signer avec Ducati, je n'ai effectué aucun test en novembre et ça m'avait fait une pause de quasiment trois mois avant ensuite de devoir attaquer en Malaisie ; et là, idem, pas d'étincelles le premier jour, mais à la fin du troisième jour un beau chrono, puis de meilleurs essais ensuite au Qatar."

"Donc, ça me donne confiance", poursuit le pilote français, paisible, indéniablement renforcé par ce qu'il a vécu en un an. "Je me dis que, si la pause est longue, peut-être que je serai moins perdu que les autres. Je ne peux qu'espérer que ça puisse tourner à mon avantage, que je me réadapte plus rapidement que les autres, et dès qu'on va enchaîner les courses peut-être que je vais énormément évoluer. J'espère donc du bon dans ce sens-là."

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Lire aussi :

Quartararo était "prêt à 100%" pour débuter la saison

S'il apparaît si serein c'est aussi car Johann Zarco s'apprêtait à débuter cette saison avec un état d'esprit quelque peu différent de celui de ses collègues, lui qui revient de loin après une parenthèse KTM aux conséquences potentiellement très lourdes sur sa carrière. "Je suis dans une situation où j'ai besoin de m'adapter à la moto et de performer, pour déjà mériter un guidon en 2021", pointe-t-il. "Il faut se rappeler de la période difficile de l'an dernier, où déjà il y a eu [un gros] risque de ne pas courir. Là, j'ai un guidon, et quand même dans de bonnes conditions."

"J'ai toute confiance en Ducati"

Ce guidon, c'est Ducati qui le lui a confié, l'ayant placé dans l'équipe Avintia pour cette saison avec un soutien direct du constructeur. Et si certains s'inquiètent de l'impact qu'un début de championnat retardé pourra avoir sur le marché des transferts alors que la quasi-totalité des contrats arrivera à échéance à la fin de la saison, lui assure ne pas y penser pour le moment, toujours bien décidé à convaincre Borgo Panigale de sa valeur lorsque la compétition reprendra enfin ses droits.

"Je ne me pose même pas la question", assure-t-il lorsqu'il lui est demandé si une saison retardée pourrait avoir un impact négatif sur son avenir. "Je ne me suis pas encore mis en tête que retarder ce début de saison ou avoir moins le temps de faire ses preuves peut être compliqué pour moi en 2021. J'ai toute confiance en Ducati. Je suis déjà heureux d'avoir fait leur connaissance et de prendre du plaisir sur la moto, et je vois qu'au fond de moi brûle encore tellement ce désir de pouvoir gagner que j'ai confiance dans le fait qu'il peut m'apporter de bonnes choses."

Lire aussi :

Une fin de saison ultra-chargée ? À double tranchant selon Dovizioso

"L'équilibre est bon, mentalement et physiquement, donc je me dis que Ducati peut me laisser le temps, ils ne vont rien précipiter", poursuit Zarco, qui remet à plus tard les discussions contractuelles. "Actuellement je ne discute pas du tout de 2021 avec qui que ce soit. L'idéal serait [de rester] avec Ducati, si je peux bien performer avec eux, [mais] il ne faut pas non plus fermer les portes aux autres possibilités. Mais là ça n'est pas le moment, on est plus dans une situation de survie que de négociation de contrat."

À lire aussi