Pour Zarco, "Mir s'est enlevé un complexe" en gagnant

Vincent Lalanne-Sicaud
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En tête du championnat depuis les courses au MotorLand Aragón, , et il pourrait décrocher le titre dès le week-end à venir, lors du second rendez-vous sur le circuit Ricardo Tormo.

Pour , ce premier succès MotoGP va désormais permettre à Mir de gérer plus facilement la pression de cette course au titre. "C’est clair que pour Mir, ça fait un bel avantage. Même au niveau des points, ça commence à faire un paquet de points d’avance, à deux courses de la fin", souligne le Français. "On va dire que ce complexe de ne pas avoir gagné de courses, et de se dire 'je suis champion sans avoir gagné', ça y est, il ne l'a plus."

"Sans aller jusqu'à dire que cela va lui donner confiance pour gagner les prochaines [courses], il peut penser : 'Si je fais deux, trois, ou quatre, de toute façon j’ai [déjà] gagné'. Je trouve qu'au niveau de la confiance ou de la gestion, il s'est enlevé un complexe et à mon avis, cela peut le rendre plus fort, ou plutôt plus relax, ou moins critiqué par les médias."

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Joan Mir n'est pas le seul pilote Suzuki en forme. Álex Rins reste lui aussi sur une série de trois podiums, dont une victoire au Grand Prix d'Aragón, et le pilote espagnol se trouve maintenant à égalité mathématique avec Fabio Quartararo à la deuxième place du championnat, le Français ayant encore l'avantage grâce à ses trois victoires. "Je vois Rins pouvoir passer [Quartararo]", prédit Zarco. "À voir. Mais là, je les vois en course, ils ont vraiment du gros rythme. C’était beau à voir."

Suzuki enchaîne en effet des résultats impressionnants depuis Barcelone. Le constructeur de Hamamatsu a placé ses deux pilotes sur le podium à quatre reprises dans les cinq dernières courses, la seule exception étant le Grand Prix de France, disputé dans des conditions particulières, sous la pluie.

Johann Zarco, qui a fait un test pour Suzuki à l'été 2016 avant ses débuts en MotoGP, il pense que la GSX-RR a pu être améliorée sans que la marque ait recours à des changements radicaux. "Il y a tellement de choses qui peuvent changer en quatre ans. Après, l’esprit japonais, en général, c'est de ne pas trop changer les choses. Ils arrivent à avoir une base ultra saine, sur laquelle il font ensuite de petites modifications, de petites évolutions [avec] une base forte et un travail régulier. On a toujours vu [que la Suzuki] semblait bien se piloter mais qu'il leur manquait du moteur. Là, ils rattrapent ce manque de moteur, et ça devient une top moto."

"Ce qui est impressionnant, c’est que [Suzuki a fait un doublé] sur un circuit où ça tourne quand même beaucoup, et où l'on pourrait aussi mettre un avantage à la Yamaha, qui avait cette force. Finalement, la Suzuki est restée forte et la Yamaha n’a pas fait la différence. C’est beau. On voit que ça peut venir aussi de la Suzuki, sinon ils n’auraient pas les pilotes premier et deuxième à chaque fois dans les dernières courses", souligne Zarco, "impressionné" en évoquant ce qui sont en réalité quatre doubles podiums. Le résultat du GP d'Europe est quant à lui le premier doublé victoire-deuxième place de Suzuki depuis 1982 ! Et le Français de préciser, en pensant à son propre avenir : "Ça me motive à voir que chacun a son temps. Ça me motive à voir que le mien n'arrive pas tout de suite, mais qu'il va arriver."