Francesco Totti vous salue bien !

Cette fois, c’est officiel. Après un quart de siècle passé à défendre les couleurs de la Roma, Il Capitano s’apprête à tirer sa révérence. L’annonce en a été faite mercredi après-midi par Monchi, le nouveau directeur sportif du club giallorosso. Avec la retraite annoncée de Totti, c’est une page de l’histoire du football qui se tourne. Retour en images (et en enfance) sur la carrière d’un fuoriclasse qui nous a tous donné envie de sucer notre pouce.

Les débuts d’une icône

En 1993, Totti n’était pas encore le Bimbo de oro. Juste un gamin de 16 ans et demi lancé dans le grand bain du professionnalisme un beau jour de mars, à deux minutes de la fin d’un match opposant la Roma à Brescia. Le début d’une histoire d’amour avec la Serie A qui va donc s’achever dans une poignée de semaines, après 25 ans de (très) bons et loyaux services.

Le chemin des filets

Son premier but avec la Roma, Totti l’a marqué plus d’un an après sa première prise de contact avec l’élite, en septembre 1994 face à Foggia, au stade olympique. Il en inscrira plus de 300 sous le maillot giallorosso.

La naissance d’Il Capitano

Formé par Boskov, poli par Zeman, le talent de Totti atteint sa pleine expression sous les ordres de Fabio Capello, qui en fera le meneur de jeu le plus talentueux d’Italie au tournant des années 2000. Une dimension actée le 31 octobre 1998, lorsqu’il reçoit des mains d’Aldair le brassard de capitaine de la Roma. Une distinction qui ne le quittera plus.

Malheureux Euro

En France, la finale de l’Euro 2000 est entrée dans la légende. De l’autre côté des Alpes, elle fait partie de ces tragédies dont on n’ose pas parler durant les repas de famille, au risque de plomber l’ambiance. Francesco Totti en sait quelque chose, lui qui n’a été infidèle à la Roma que pour porter les couleurs de la sélection, et qui était aux premières loges pour assister à la débâcle de la Nazionale face à la bande à Zizou. Sans doute l’un des plus grands regrets d’Er Pupone. D’autant plus qu’il y était allé de sa talonnade magique pour Delvecchio pour l’ouverture du score… Maudit sois-tu, Sylvain Wiltord !

2001, premier (et dernier) Scudetto

Avec l’arrivée de Batistuta en 2000, la Roma renforce un secteur offensif en manque d’efficacité. Sous la houlette de Fabio Capello, le club romain réalise un exercice 2000-2001 de haute volée, sanctionné par son premier Scudetto en 18 ans. Auteur de 13 buts et 2 passes décisives durant la saison, Totti plante l’ultime banderille lors du match du titre au stade olympique face à Palerme. Tout un symbole.

A cent à l’heure

En dépit d’une saison 2003-2004 difficile pour la Roma, qui aura vu se succéder sur son banc pas moins de trois entraîneurs et la Louve flirter un temps avec la Serie B, Totti continue d’écrire sa légende. Vingt réalisations viendront d’ailleurs sanctionner un exercice abouti de la part du meneur de jeu, dont un superbe coup franc de trente mètres inscrit en octobre contre l’Inter. Un but tout sauf anodin puisqu’il s’agit de son 100è sous les couleurs giallorosse. Au total, Totti aura marqué la bagatelle de 46 coups francs, directs ou indirects, au cours de sa carrière.

La revanche de 2006

On prend (pas tout à fait) les mêmes, et on recommence. Cette fois, c’est en Allemagne que ça se passe, et… tout le monde connaît la chute en France. Une conclusion qui n’a pas été vécue tout à fait de la même manière dans la Grande Botte. A Rome, le champagne a coulé à flot pour célébrer le sacre mondial de la Nazionale, mais aussi son enfant chéri, passeur décisif en chef de la compétition. Bravo maestro, mais notre chauvinisme nous pousse à la modération en matière de compliments. La plaie n’est pas encore refermée. (Et oui, la photo est petite, notre mesquinerie est sans limite)

Un pied en or

L’exercice 2006-2007 est sans conteste l’un des plus aboutis du Bimbo de oro. Buteur à 26 reprises en Serie A (et auteur de 12 passes décisives), Totti est logiquement élu soulier d’or européen à l’issue de la saison. Une saison qui verra la Louve remporter la coupe d’Italie et la Supercoupe.

2008, une année record

Si la Roma achève la saison 2007-2008 nantie d’une nouvelle coupe d’Italie et d’une deuxième place en championnat, elle constitue surtout pour le maître à jouer de la Louve une année hautement symbolique. Auteur de son 200è buts en coupe face au Torino, Il Capitano revêt en outre le maillot giallorosso pour la 500è fois face au Napoli en championnat. Et dire qu’après ça, il a continué encore dix piges…

Rattrapé par les blessures

Les deux saisons suivantes s’avèreront particulièrement délicates pour le meneur de jeu romain et pour la Louve. Entravé par une grave blessure au genou contractée face à Livourne peu avant l’été, Totti et les siens ne parviennent pas à faire mieux qu’une sixième place dans le Campionnato. Pire: Il Capitano voit son rêve de finale de Ligue des Champions au Stade Olimpico se désintégrer dès les huitièmes de finale face à Arsenal. Il quittera d’ailleurs le terrain en pleurs, inconsolable.

C’est qui l’patron !

Pour bien comprendre à quel point Totti était intouchable à Rome, il faut remonter à 2011. Plus précisément au 11 avril 2011. La Roma dispute alors un match contre l’Atalanta Bergame pour le compte de la 33è journée de Serie A. A la 77è minute de jeu, Claudio Ranieri, alors entraîneur de la Louve, décide de faire sortir son capitaine. Refus catégorique de l’intéressé, qui méprise ostensiblement son coach. Lequel se voit contraint de faire sortir Jérémy Ménez. Les Bimbos ne sont jamais faciles à manœuvrer. Surtout quand elles valent de l’or.

Romains, quel est votre métier !

20 septembre 2015. La Roma est à la peine face à Sassuolo, et menée sur ses terres depuis la 22è minutes. Qu’à cela ne tienne : comme à l’accoutumé, Il Capitano enfile son costume de deus ex machina et remet la Louve à l’endroit, comme il l’a fait à d’innombrables reprises. Une égalisation anodine en somme pour Totti. A l’exception du fait qu’à cette 36è minute de jeu, le Romaniste vient d’inscrire le 300è but de sa carrière avec son club de cœur. Une marque que ni le grand Del Piero (290), ni le mythique Peppino Meazza (282) ne sont parvenus à atteindre. Francesco est à l’image de sa ville : éternel.

Les quarantièmes rugissants

Le 27 septembre 2016, Francesco Totti fête ses quarante ans, dont 24 passés à défendre les couleurs de la Roma. Une période au cours de laquelle le Bimbo de oro aura inscrit 306 buts en 763 matchs, glané un Scudetto, deux coupes d’Italie et deux Supercoupes. Un bilan qui peut paraître bien maigre au regard de celui des étoiles du football contemporain, mais la fidélité a un prix…

Clap de fin

Cette fois, il n’y aura pas de prolongation. Le stade olympique ne verra pas, la saison prochaine, s’élancer sur la pelouse la légende qui a porté la Roma à bout de bras durant plus de deux décennies. Le 28 mai face au Genoa, Francesco Totti disputera son dernier match sous le maillot giallorosso. A domicile. Là où tout a commencé. Ça sent le tifo de folie

Grazie Capitano !

Il y a 25 ans, Francesco Totti enfilait pour la première fois la tunique de la Roma. Depuis, il ne l’a plus quittée. Et ce, en dépit des déceptions sportives et des assauts répétés des grands clubs européens, tous désireux de s’attacher les services du meneur de jeu italien. Romaniste viscéral, Totti a sacrifié sa vie professionnelle et son talent à la Louve. Un quart de siècle passé à enchaîner les gestes venus d’ailleurs, les buts somptueux, les passes lumineuses et les visions prémonitoires. Le champion du monde 2006 ne nous parlera bientôt plus de ce football que nous avons tant aimé. Un football où l’élégance du corps se confondait encore avec celle du cœur. Alors, Avé Francesco ! Ceux qui t’ont vu jouer te saluent (et te remercient).

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