Quand la température monte : les Clasicos les plus chauds de l’histoire

Entre le colosse catalan et le géant madrilène, la rivalité est séculaire. Le Clasico, c’est l’histoire de deux grands d’Espagne qui se disputent à intervalles réguliers couronnes et prestige, au cours de joutes pluri-annuelles dont l’honneur commande de sortir vainqueur. Et comme dans la haute société on ne badine pas avec cette valeur, il n’est pas rare que la tension s’invite sur le pelouse. Retour en images sur ces rencontres « muy calientes ». Garanti 100% polémiques, tacles à la gorge, arbitrage maison et autres amabilités.

1916, des pénos à la pelle

La demi-finale de Coupe du Roi 1916 fut une affaire de « coups de pied de réparation » comme on disait jadis (et comme s’est entêté à les appeler Jean-Michel Larqué). Plus précisément, de cinq pénaltys. A l’aller, le Barça s’était imposé 2 à 1. Madrid avait répliqué au retour (4-1), grâce notamment à un pénalty de Santiago Bernabeu. Or à l’époque, seule la victoire – et non les scores – comptait. Résultat : les deux équipes furent contraintes à un troisième affrontement. L’arbitre de la rencontre, Angel Berraondo, accorda trois pénaltys aux Madrilènes durant la rencontre. Bien évidemment, le fait qu’il ait porté le maillot blanc quelques années auparavant n’affecta en rien son jugement… Cette largesse ne suffit pourtant pas à départager les rivaux, qui se séparèrent sur un score de tennis (6-6). Dans une ultime joute, de nouveau disputée à Madrid et dirigée par l’inénarrable Berraondo, le point de pénalty fut désigné une dernière fois. Ecoeuré par sa partialité, l’entraîneur blaugrana demanda à ses joueurs de quitter la pelouse un quart d’heure avant la du match (finalement remporté 4-2 par le Real). On ne vantera jamais assez les vertus de l’arbitrage maison (blanche)…
(Photo Mundo Deportivo)

1943, pierre qui roule n’amasse pas mousse

Lors de la demi-finale aller de la Coupe du Roi, le 16 juin 1943, le Barça s’imposa 3 à 0 sur ses terres. Le Real s’indigna de l’ambiance hostile qui entoura la rencontre, et se prépara comme il se doit à accueillir son rival lors du match retour. A cet effet, des sifflets furent distribués aux socios. Des gadgets qui, si l’on en croit la mythologie catalane, ne suffirent pas aux plus zélés d’entre eux. Selon la légende, les joueurs barcelonais furent en effet la cible de jets de pierre, mais aussi de pressions de la part de la police locale. Difficile aujourd’hui de savoir dans quelle mesure ces allégations sont vraies. Reste que les autorités conclurent au partage des torts entre les deux clubs et que les deux présidents quittèrent leurs fonctions dans la foulée. Aujourd’hui encore, les supporters du Barça se transmettent le récit de cette rencontre. Et pour cause : le Real s’imposa 11 à 1, face à des Barcelonais rendus fantomatiques par l’atmosphère délétère qui régnait dans le stade. C’est en tout cas la raison la plus communément invoquée en Catalogne pour justifier la débâcle.
(Photo Mundo Deportivo)

1968, la « final de las botellas »

1968, la « final de las botellas »
La finale de la « Coupe de son excellence le Généralissime » – subtile adaptation franquiste de la Coupe du Roi – se déroula au Bernabeu. Un but contre son camp de Zunzunegui scella le sort de la rencontre. L’arbitrage de M. Rigo, qui oublia de siffler un pénalty en faveur du Real, ne fut pas du goût des supporters madrilènes. Ceux-ci manifestèrent leur colère en lançant des bouteilles sur le terrain. Des bouteilles en verre évidemment. Depuis ce jour, seules les contenants en plastique sont autorisés dans les stades espagnols. On se demande bien pourquoi…
(Photo El País)

1970, pluie d’enfer

Décidément, la Coupe du Roi (ou du Généralissime, c’est selon) est le rendez-vous privilégié des esprits échauffés… En 1970, en quart de finale retour, le Barça était condamné à la victoire au Camp Nou, après avoir perdu 2-0 à l’aller au Bernabeu. Alors que les Catalans avaient fait la moitié du chemin, l’arbitre de la rencontre, Emilio Guruceta, siffla un pénalty pour le Real, après une faute de Rifé sur Velazquez… commise en dehors de la surface. Résultat : un esclandre de la part des joueurs barcelonais, une pluie de sièges de la part des socios catalans, un envahissement en règle de la pelouse, et une intervention musclée de la police franquiste. Si le résultat du match (1-1) est anecdotique, cette rencontre constitue pour beaucoup le premier acte de rébellion sportive de la « nation » catalane face au régime.
(Photo Mundo Deportivo)

1990, carton rouge et cojones

En 1990, le Barça affronte le Real au Camp Nou en finale de la Supercoupe d’Espagne. Ulcéré par une grosse faute non sanctionnée sur Stoichkov, Johan Cruyff s’en prend vertement à l’arbitre de la rencontre, M. Urizar Azpitarte, qui décide d’expulser le technicien hollandais. Dans la foulée, l’attaquant bulgare passe ses nerfs sur l’homme en noir en lui écrasant volontairement le pied, provoquant son inévitable exclusion du terrain. Les Madrilènes n’auront dès lors aucun mal à contrôler les débats, et s’imposeront 1 à 0 en terre ennemie. Histoire de verser un peu plus de sel sur la plaie catalane, Hugo Sanchez se palpera gentiment les parties génitales devant les supporters blaugrana à la fin du match. Hugo Délire.
(Photo Mundo Deportivo)

2001, opération coup de poing

Lors de la réception du Real au Camp Nou, en 2001, le gardien catalan Pepe Reina put expérimenter la haine viscérale que les socios madrilènes les plus exaltés entretiennent à l’égard du Més que. Alors qu’il récupérait un ballon sorti des limites du terrain, l’un d’entre eux en profita pour lui asséner trois coups de poings dans le dos. Comme quoi, il n’y a pas qu’à Bastia que les supporters sont prêts à en découdre avec les joueurs…

2003, tout est bon dans le cochon

S’il y a bien un joueur que les supporters barcelonais rêvent de voir pendu à un croc de boucher, c’est bien Luis Figo, LE traitre à la patrie catalane, passé en 2000 du côté madrilène de la force. Raison pour laquelle, trois ans plus tard, à l’occasion de la réception du Real au Camp Nou, les socios lui réservèrent un accueil bien particulier. Alors que l’ailier portugais s’apprêtait à tirer un corner, il eut la surprise de voir atterrir à quelques mètres de lui une tête de cochon, garantie 100% pure haine. De quoi transformer instantanément en vegan le plus carnivore des attaquants.

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Cette claque magistrale est encore gravée sur le visage des joueurs madrilènes. Lors de la réception du Real version Mourinho en 2010, les hommes de Guardiola récitèrent leur plus beau football, avec à la clé une victoire 5-0, nette et sans bavure. De quoi échauffer légèrement les esprits merengue. A commencer par celui de Sergio Ramos, que la frustration poussa à bousculer sèchement Xavi avant de coller sa main dans la tronche de Puyol dans la foulée. On met la « manita » qu’on peut…
(Photo Getty Images)

2012, gangs of Nou Camp

La saison précédente, les ennemis héréditaires s’étaient affrontés cinq fois. Des matchs tendus, peu avares de provocations viriles et de gestes inélégants, mais qui n’étaient qu’un prélude au bouquet final qu’a représenté le match retour de la Supercoupe d’Espagne au Camp Nou, en 2012. Un véritable festival de testostérone, au cours duquel Messi chargea Coentrao à la manière d’un footballeur américain, où Marcelo transforma Fabregas en jambon à la découpe (récoltant au passage un rouge bien mérité), et où Özil et Villa rejoignirent également prématurément les vestiaires. Mais le clou du spectacle fut sans conteste l’altercation entre Mourinho et Villanova qui anima le bord du terrain, ponctuée d’un enchaînement « doigt dans l’oeil-tarte dans le gueule » de toute beauté. Du grand art…
(Photo Telegraph)

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